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samedi 23 décembre 2017

ENCORE UN DOCUMENT DE QUALITÉ PUBLIE PAR NOTRE RECATAIRE

du récataïre : "1948 - Le tout Aiguèze et Laval St Roman en grand déplacement à Lourdes, deux pleins cars et des tonnes d'avé maria !
Qui reconnait qui ?
(il en reste un seul encore en vie !)"




Vous pouvez agrandir la photo en cliquant dessus. Vous pouvez donner le nom de ceux que vous connaissez dans la rubrique "enregistrer un commentaire" merci pour votre participation. Sans oublier de remercier notre récataïre.

dimanche 3 décembre 2017

QUAND AIGUEZE RENDAIT HOMMAGE A Honoré AGREFOUL CONCEPTEUR D'UNE TISANE A L'ANIS

Grâce à Didier le Recataïre et à des photos trouvées dans les archives de mon frère Jean-Jacques je vous propose ces quelques images rappelant la mise en place de la statue en l'honneur d' HONORE AGREFOUL grâce à l'initiative et la mise en scène de Michel BERTET .






François MITTERRAND Président de la République avait même daigné se déplacer pour l'inauguration de la statue rappelant la naissance à AIGUEZE d'Honoré AGREFOUL grand bienfaiteur des apérophiles !

Accompagné du "maire" Jean-Jacques VINCENT le Président MITTERRAND salue la foule avant de s'incliner devant le buste qui est dévoilé sur son piédestal.




En fin de discours, il s'incline ou plutôt se cambre devant le vénérable personnage.





Et la population se retrouvait sur la placette chaque année pour fêter la St HONORE.




Vous pourrez reconnaître quelques personnalités aiguézoises dont certaines  malheureusement disparues.

samedi 29 juillet 2017

PEPONNE ET DON CAMILLO AIGUEZOIS EN 1877 : UNE ANECDOTE DU RECATAIRE SUR LES RELATIONS PARFOIS TENDUES ENTRE MAIRE ET CURé !




Le jardin de la discorde

    Voici une très intéressante délibération du conseil de la Fabrique de la paroisse d’Aiguèze, prise en ce début de l’année 1877, démontrant bien l’animosité qui régnait alors entre le maire et le curé…

    Le maire d’alors était Casimir Roche, celui-ci occupa cette fonction de mars 1874 à janvier 1878. Ce maire, qui habitait l’actuelle maison Ventajol sur la place du village, n’était pas très porté sur la religion et avait souvent quelques accrochages avec le curé en place. Lors d’une réunion du conseil municipal prise sans avertir la population et dont le compte rendu fut antidaté d’une quinzaine de jours, il fut décidé d’ôter le jardin au curé pour en faire une cour d’école… D’après le maire ce curé n’avait pas à se plaindre puisqu’il possédait déjà un jardin sous la cure, que celui-ci fut minuscule et totalement inculte n’étant que détails n’entrant pas en considération. Notre pauvre curé, averti de l’opération qui de tramait, réunit en urgence le conseil de fabrique pour préparer la riposte afin de faire échouer le projet. Ce jardin qui avait été prêté au curé par la municipalité précédente était situé à l’emplacement actuel du lavoir communal. Les deux écoles de garçons et filles se trouvaient juste à côté, dans les locaux du rez-de-chaussée de l’actuelle mairie. On comprendra dès lors l’intérêt qu’il y avait à récupérer ce lopin de terre pour créer un lieu d’aisance pour les enfants, lieu indispensable et qui faisait tant défaut…

 Mais plus que des mots passons à l’acte :

« Réunion extraordinaire du conseil de la fabrique,

 L’an mil huit cent soixante-dix-sept et du mois de mars, le conseil de Fabrique de la paroisse d’Aiguèze s’est réuni à la cure en vertu d’une autorisation extraordinaire de Mr le sous-préfet d’Uzès en date de dix du courant pour donner son avis sur une délibération du conseil municipal d’Aiguèze à l’effet d’enlever le jardin de la cure. Etaient présents : Mr Jean Roche, président, Henri-Joseph Barnouin, secrétaire, André Lacour, trésorier, André Dufour, Taulelle, curé. Absents : Casimir Roche, maire, et Antoine Dufour. (Les deux absents faisant partie du conseil municipal…)


La séance étant ouverte, Mr le président a donné communication à l’assemblée d’une lettre de Mr le sous-préfet d’Uzès à lui adressée et notifiant une délibération du conseil municipal de ladite commune d’Aiguèze où il est proposé de faire servir de cour de récréation pour les deux écoles communales de garçons et de filles, l’un des jardins dont le curé a jouissance.


L'ancien jardin du curé, aujourd'hui espace du lavoir communal (photo du RECATAIRE)


La lettre sous-préfectorale porte que ledit conseil de fabrique devra délibérer sur l’objet même de la délibération municipale et faire connaître si le jardin en question est une dépendance de la cure, ou bien s’il est isolé et faisant partie d’un autre corps de logis. Mr le curé devra y joindre également son avis personnel.

Le conseil de fabrique après long et mur examen de la question, considérant que cette année 1877 la session municipale s’ouvrait le 4 février et devait durer pendant dix jours jusqu’au 14 du même mois, que la délibération municipale concernant le jardin portant la date du 10 du courant, alors qu’elle a été prise le 25 du même mois, ainsi que le prouveront certains conseillers municipaux, était à ce titre illégale et nulle.

Considérant que ladite délibération du conseil municipal est en outre illégale et nulle par un vice de convocation, la convocation s’étant faite de vive voix une heure et demi seulement avant séance et sans indication de matière des débats, alors que cette convocation doit se faire par écrit trois jours à l’avance et à domicile, selon la loi de l’organisation municipale du 5 mai 1858.

Considérant que l’allégation du conseil municipal prétendant qu’il existe un jardin derrière le presbytère pour s’autoriser à enlever celui que Mr le curé possède derrière l’école communale est un pur prétexte puisque ce prétendu jardin qui est situé derrière le presbytère et où se trouvent sept à huit arbres à fruits n’a qu’une petite contenance de trente-cinq mètre carrés, sans eaux d’irrigation avec un peu de terre sur les pentes abruptes des rochers de l’Ardèche, exposé aux brulantes chaleurs de l’été, aux frimas de l’hiver ainsi qu’au vent du nord, faisant périr les arbres eux-mêmes et faisant de très petit local non un jardin mais un véritable entrepôt ou décharge de la cure.

Considérant que les lieux d’aisances que l’on demande pour les petits garçons n’est encore qu’un prétexte puisque les petits garçons par détermination de Mr Roustan, inspecteur primaire, d’accord avec Mr le curé de la paroisse, vont satisfaire à leurs besoins naturels en un lieu qui est au-dessous du cimetière, trente à quarante mètres environ loin des écoles et du lieu d’aisance des filles par principe de moralité. Ce qui fait que les petits garçons et les petites filles ont leurs lieux d’aisances séparés avec précautions de moralité.

Considérant que la pensée de partager en deux compartiments avec muraille médiane pour avoir une cour de récréation des écoles n’est qu’une pure tracasserie, comme l’a prouvée l’indignation publique. De plus une demande parfaitement superflue et ridicule puisqu’après la division dudit jardin, chacune moitié ne donnerait pour chaque école pas même 84 mètres carrés, tandis que les écoles ont devant leur porte même un immense local, une vaste place publique où depuis fort longtemps les enfants folâtrent et se récréent selon les règles de l’hygiène et la surveillance de la moralité.

Considérant que ledit jardin dont on propose la conversion, séparé de la mairie par une ruelle et distant de la cure de trente à quarante pas et dépendant pas d’elle, n’était il y a dix ans qu’un local en friche. Qu’il fut défriché, complanté d’arbres à fruits, muni de pompes et de bassin d’irrigation, en un mot créé jardin aux frais de Mr le curé et que le lui enlever serait lui causer un véritable dommage et lui faire un affront immérité.

Considérant que les lois de l’état ne font pas une obligation aux communes de procurer jardin aux instituteurs et aux institutrices, ni qu’elles doivent enlever le jardin du curé parce qu’il se trouvera à côté des écoles et pour faire plaisir aux instituteurs et institutrices sur de fausses raisons (Article rayé…).

Considérant que l’ancien conseil municipal par le seul fait qu’il déduit ledit local à côté de l’école pour en faire un jardin ne l’aurait pas cédé à Mr le curé si le prétendu jardin qui est derrière le presbytère avait été véritablement un jardin, que dès lors en livrant cet emplacement verbalement il est vrai, le donnait néanmoins non à titre provisoire mais bien définitivement comme l’atteste encore ses membres pour en faire le jardin de la cure selon les dispositions de nos lois.

Considérant que les lois de l’état ont procurées et déterminées le jardin du curé comme une partie de la dotation des cures et que l’étendue de ce jardin doit contenir 25 ares et 54 centiares, c’est-à-dire 2554 mètres carrés, d’après les décrets du 3 novembre 1769 et décrets du 18 et 23 octobre 1790 articles 9 et 10. Que les articles disent en outre et en propres termes que les presbytères et les jardins attenants non aliénés seraient rendus aux curés et aux desservants des succursales et que à défaut de ces presbytères les conseils généraux des communes étaient autorisés à leur procurer logement et un jardin.

Que d’après l’article 92 du décret du 30 décembre 1805 les communes doivent au curé desservant à défaut d’un presbytère un logement, lequel logement selon la circulaire du 18 mai 1818 doit-être convenable et au terme de l’article 72 composé d’un jardin ainsi que le ministre l’a déclaré plusieurs fois.

Considérant que le jardin cédé par la commune à côté de l’école ne fait pas en tout 190 mètres carrés et que soustraction faite il revient encore en tout à Mr le curé une surface de terrain de 1372 mètres carrés, le demi arpent selon Lebonier et d’autres auteurs faisant 25 ares et 54 centiares.

Considérant enfin que la facile majorité de Mr le maire au conseil municipal est une majorité de famille, puisque sur dix conseillers municipaux il y en a sept parents ou alliés bien rapprochés du maire, et que dès lors il est moralement et physiquement impossible que la majorité passe jamais du côté de l’opposition sur quelque question que ce soit, ce qui est un danger pour les divers intérêts de la commune.

Le conseil de Fabrique par tous ces motifs et d’ailleurs vu la loi sur l’organisation municipale, vu le décret du 2 novembre 1789, vu le décret du 18 et 23 octobre 1790, vu l’article 72 des articles organiques, vu le décret du 30 décembre 1809, vu la circulaire du 18 mai 1818, s’inspirant des idées d’ordre, de convenance, de justice et de conciliation demande que les choses restent en l’état où elles sont, ou bien que la commune d’Aiguèze rende à la cure de cette paroisse le demi arpent mesure du roi prescrit par la loi. Signés Baume, Lacour, Roche, Dufour et Taulelle curé. » (Recopié textuellement : les fautes notamment d'accord n'ont donc pas été corrigées)

Lou Récataïre

jeudi 9 février 2017

1590 ACHAT D'UNE COUPE DE BOIS AU DEVOIS DE GOURNIER par LE RECATAIRE

1590


Achat d'une coupe de bois au Devois de Gournier



On trouve dans les archives de nombreuses ventes de bois concédées à divers particuliers, mais celle-ci est assez particulière par l'époque, le lieu et les protagonistes.

En 1590 nous sommes en plein milieu de la huitième guerre civile qui oppose catholiques et protestants. Ce dernier conflit du 16ème siècle qui dura une dizaine d'année (1585-1595) fut néanmoins entrecoupé de diverses trêves durant lesquelles les affaires reprenaient plus ou moins leurs cours. La dernière trêve en date était du 15 juin 1589, celle-ci signée à Valvignères et appelée justement « Paix de Valvignères », permit aux deux parties de trouver quelques accords. Un renouvellement de trêve fut signée en janvier 1590 à La Voulte. C'est dans ce contexte incertain, où l'on ne savait plus très bien de quoi allait être fait les lendemains, que se situe notre affaire.



Jehan Chambon, acquéreur de la coupe dont il s'agit, résidait à Saint-Martin de la Pierre (aujourd'hui d'Ardèche), bien que possédant quelques lopins de terres, il n'hésitait pas à se lancer dans diverses affaires juteuses. Propriétaire d'une « Baussanne » (très longue barque), Jehan était à même de mener à bien n'importe quelle coupe de bois jusqu'aux confins des gorges de l'Ardèche. C'est ainsi qu'en ce début de l'année 1590, averti que le Devois de Gournier était mis à la vente afin d'en extraire tout le bois, Jehan profita de l'aubaine pour s'en porter acquéreur.




 Vente du "debvois de Gornier" ADA - 2 E 16184 - f°47


Le Devois de Gournier (Gornier dans les anciens textes) était situé entre Saint-Martin d'Arc (aujourd'hui disparu) et Saint-Martin de la Pierre, au milieu même des Gorges. Là se trouvaient un conglomérat de devois appartenant au 16ème, à des particuliers, à des ordres religieux ou à des communautés. Les diverses archives permettent d'en repérer au moins sept regroupés en cet endroit : Les devois de Gornier, de Charmasson (en aval), de Flassade, de Rancurel, de Valaurie, du Chambon et de Ronze. Ces grandes propriétés tirent leurs origines du moyen-âge, époque à laquelle elles appartenaient toutes à la noblesse. Il y eut par la suite des donations en faveur d'ordres religieux et des ventes concédées par une noblesse en quête de numéraires.



Mais revenons à notre devois de Gournier. Sa position était fort incommode, du moins pour son propriétaire, car n'autorisant la vente de bois, et encore plus son transport, qu'aux gens de St Martin. En effet, le meilleur moyen d'évacuer le bois en fond des gorges, et cela au meilleur tarif, était par voie d'eau. En la matière ceux de Saint-Martin et du Borian excellaient !



A la fin du 16ème siècle, le devois de Gournier appartenait à la famille Maucuer de Saint-Remèze. Le fils aîné, nommé Esprit, en était le propriétaire. Esprit s'en était allée exercer le métier de notaire à Bourg-Saint-Andéol et considérait ses biens que comme un apport financier. On peut le supposer très aisé et surtout rude en affaire.



Le 23 mars 1590, Jehan Chambon, Esprit Maucuer et quelques témoins, se retrouvèrent à Bourg en la boutique de Charles Boyssin afin de conclure l'affaire. Charles Boyssin était maître apothicaire mais semblait varier ses compétences afin d'arrondir ses fins de mois... Nul doute d'ailleurs qu'il fut à l'origine des fameux comptes du nom de son état !

La coupe fut vendue au prix de trente-trois écus d'or sol pour une année. Cet écu d'or équivalait à soixante sols pièce, ce qui faisait une grosse somme pour l'époque !

Jehan n'était pas en mesure d'avancer une pareille somme, c'est François De La Font du Bourg qui se porta « plège et principal payeur » de la dite somme. Jehan fut tenu « de le relever indemne dudit plègement et de tout dommages et intérêts ». Il s'agissait donc là d'une entreprise assez risquée, capable de plonger Jehan dans la misère en cas d'échec par une cause quelconque.



Cet acte de vente comporte des mentions intéressantes à analyser, en effet il est un des rares à mentionner le mot « d'yssartayre ». Cet terme désignait celui qui procédait a « l'issartage », c'est à dire au brûlement du sol après une coupe de bois afin d'enrichir pour une année une terre ingrate et permettre ainsi la culture de céréales avant la reprise des taillis. Cette culture de céréales est attestée sur toutes les parties des gorges, même en des endroits qui nous paraissent complètement improbables aujourd'hui !

François Maucuer, frère d'Esprit, fut celui désigné pour faire des issards après la coupe. Celui-ci n'était pas autorisé à brûler les « broundes » restantes ou oubliées mais devait les remettre à l'acheteur de la coupe.



L'acte se termine par la formule alors en vigueur : « ...et pour tout ce dessus garder et observer, lesdites parties l'une envers l'autre ont obligé et hypothéqué tous et chacun leurs biens présent et avenir aux rigueurs des cours ordinaires du Bourg, Saint Remesi et lieu de Saint Martin de la Pierre, ainsi l'ont promis et juré aux Saintes dieu évangiles par chacun d'eux touchée... »



Bien-sur on aimerait connaître la suite, est-ce que Jehan a pu mener son entreprise à bien ? A-t-il pu rembourser son « plège » ? Vendre le bois au meilleur prix ? Autant de questions qui resteront à jamais sans réponses, mais qui, je crois, ne vous empêcheront pas de dormir ce soir sur vos deux oreilles !



Lou Récataïre

lundi 23 janvier 2017

UNE PHOTO DU RECATAIRE : AOUT 1958

Août 1958 - Trois aiguézois en plein travail, il semble s'agir de réparations sur l'ancien collecteur (sans certitude).




Avec de gauche à droite: Auguste Vialle, Joseph Ventajol et Calixte Lavastre.




mardi 10 janvier 2017

1560 QUAND UN VOLQUE ÉPOUSAIT UNE HELVIENNE (par Lou RECATAIRE)

Évidemment le titre se veut un peu racoleur, au 16ème siècle il y a belle lurette que les Volques Arécomiques ne faisaient plus rire personne et que les Helviennes n'attiraient plus foule au forum d'Alba. Néanmoins les limites territoriales sont respectées et il n'était pas fréquent qu'Aiguezois prenne épouse en l'évêché de Viviers. Il faut dire qu'entre les deux, l'Ardèche était un obstacle qu'il coûtait de traverser. Les passeurs de St Martin et du Bordelet veillaient au grain et les eaux souvent glaciales avaient de quoi refroidir les ardeurs de jeunes gens en quête de sentiments.

Nous allons découvrir ici un Aiguezois qui ne devait pas plaindre la pièce au passeur, ou qui, peut-être, fut un excellent nageur...



Jehan Cabassut, puisque c'est de lui dont il s'agit, naquit à Aiguèze vers 1530. Les documents taisent le nom des parents, mais, vu qu'il n'y avait à cette époque qu'une seule famille porteuse du nom, il est aisé de le rattacher à Pons Cabassut. Celui-ci, né vers 1500, figure en bonne place sur le compoix de 1545 et résidait dans la Grand-Rue. C'était une famille assez aisée au vu de la tenure dont elle était chargée. Plusieurs vignes et terres à semer situées à la Boucouse, la Rouvière et croix de Trescouvieux composent le domaine.



Travailler la terre était une bonne chose pour nourrir la maisonnée, mais bien marier ses enfants était une nécessité pour que perdure l'affaire. Ainsi, arrivé à l'âge de reprendre les rennes de la propriété, il fut cherché une épouse au jeune Jehan. Trouver un bon parti était presque une loi naturelle, mais cette époque imposait d'épouser gens de son rang. Il existait tout un réseau de personnes très au courant des jeunes gens à marier. Les prêtres, les marchands, tous ceux qui allaient et venaient à travers le territoire étaient très au fait de la chose... C'est ainsi que fut présenté à Jehan l'idée de prendre femme en la paroisse de Gras. Celle-ci ayant le bon âge, la bonne dot devait forcement lui convenir !



Gras est aujourd'hui une petite commune située dans le département de l'Ardèche. Elle n'est séparée d'Aiguèze, à vol d'oiseau, que d'une quinzaine de kilomètres. Malheureusement, sans les plumes, c'est près de quarante kilomètres qu'il faut parcourir pour y parvenir. Quand on songe aux chemins d'alors, on comprendra qu'il fallait de très bonnes raisons pour s'y rendre !


 Eglise de Gras bâtie en 1652, le mariage eut certainement lieu à Notre Dame du Ranc, 
église aujourd'hui détruite



De bonnes raisons, les Cabassut en avaient. En effet, l'épouse qui lui avait été choisie, appartenait à une bonne famille de Gras, bien connue et bien assise. L'oncle, et ce n'est pas un hasard, était prêtre, et on peut raisonnablement penser qu'il était l’instigateur du projet. Cette famille qui se nommait Delauzun (De Leuzu dans les textes) résidait depuis toujours au mas du même nom, tant et si bien que l'on ne se souvenait plus très bien si c'était la famille qui avait donnée le nom au mas ou vice-versa.



Toujours est-il qu'en cette froide journée du 13 janvier 1560, Jehan Cabassut, accompagné de son beau-père (son père étant décédé depuis quelques années) de Mathieu Roche et de quelques autres aiguezois non nommés, pris le chemin de Gras pour retrouver, si ce n'est sa possible bien-aimée, du moins sa promise. Après avoir traversé la rivière d'Ardèche au « bateau du moulin du port », monté par le chemin des Alliberts, affronté le froid sur la grande plaine de Bidon, d'Aurelles et autres lieux-dits inhospitaliers, les voici enfin arrivés au fameux mas. Là, dans la ferme familiale, entres les murs séculaires qui en avaient vu bien d'autres, les attendaient impatiemment tous les membres de la famille Delauzun, sans oublier les amis et alliés. Une personne essentielle était également présente, quelqu'un qui avait fait spécialement le déplacement depuis le Bourg-St-Andéol pour coucher sur papier toutes les promesses du mariage : Claude Ganhat, notaire de son état. C'est grâce à lui que toute l'histoire qui s'étale sous vos yeux a perduré malgré les siècles écoulés.

Après les salutations et présentations d'usage, et peut-être aussi après une collation bien méritée, tout ce beau monde se trouva réuni dans la salle principale afin de rédiger les clauses du mariage. Ces clauses sont très importantes pour connaître les mœurs d'alors et le niveau social des parties. Thonie Delauzun, car c'est ainsi que se nommait la future, se tenait près de Jehan. On ignore dans quelle mesure ils se connaissaient déjà, très certainement qu'ils s'étaient rencontrés quelques fois, mais aucun écrit ne permet de confirmer l’hypothèse .



Gonnet Delauzun, père de la mariée, et Mathieu Delauzun son oncle, « ayant le présent mariage agréable », énumérèrent les biens composant la dot. Claude Ganhat lu à haute voix ces volontés afin que tous en fussent témoins. Cette fameuse dot la voici :

  • En premier lieu il fut donné à la mariée la somme de 38 livres tournois.
  • Plus « deux robes nuptiaulx drap boutique ».
  • Plus « une robe drap maison ».
  • Plus « une coverte layne bonne et suffisante » (couverture de laine).
  • « Deux linseulz » (draps).
  • « Ung pourchet » (un cochon).
  • « Demy quintal beuf » (environ 25kg viande de bœuf ».
  • « Deux barrals vin pur » (environ 100 litres).
  • « Quatre fèdes garnydes » (quatre brebis pleines).
  • « Une chièvre garnyde » (une chèvre pleine).
  • « Deux cestiers blé froment » (mesure très variable suivant les localités)
  • « Cinq cestiers blé mescle »
  • 5 livres tournois payables sur cinq ans à raison de 20 sous par an à chaque fête de Notre Dame de février.

Thonie dut, en contrepartie, faire la promesse de ne plus jamais rien demander d'autre à ses parents. Du moins c'est la formule de rigueur employée ici. Quant à Jehan Cabassut il fut tenu d'assurer la dite dot sur tous ses biens le cas de restitution advenant. Cette restitution arrivait en cas de décès prématuré de l'épouse, auquel cas ses proches s'empresseraient de l'obtenir par toutes voix de droit (On rencontre de nombreux procès traitant la cause).



La noce eut très certainement lieu le jour même en l'église de Gras, les registres conservés qui auraient pu nous renseigner ne débutant qu'en 1565. Même si les noces d'alors n'avaient pas l'éclat qu'on leur donne aujourd'hui, on peut supposer quelques petites réjouissances dans la cour du mas. On imagine également les pleurs de la mariée et de ses proches qui allaient la voir quitter la maison familiale pour toujours. Les adieux approchaient, Thonie jetterait un dernier regard, la gorge serrée, sur ce paysage si familier qu'elle n'avait jamais quitté et qu'elle ne reverrait probablement plus.



Le retour fut plus contraignant que l'aller. En effet, même si l'on ignore si la dot fut emportée dans sa totalité ce jour là, très certainement qu'une partie de celle-ci fit partie du voyage. Beau tableau que cette petite troupe qu'accompagnent chèvre, moutons, cochon et ânes chargés de mescle, froment et vin pur. Il fallut de très longues heures de marche, au travers ce plateau dénudé, parsemé de quelques cades que pliait un froid mistral, avant, qu'enfin, la tour moyenâgeuse d'Aiguèze se dessinât au loin.

A leur vue, le fermier du bateau de St Martin se frotta les mains, plusieurs allers-retours furent nécessaires pour traverser ce petit monde. Quant à Thonie, elle n'avait jamais vécu pareille aventure, probablement même que c'était la première fois qu'elle voyait la rivière d'Ardèche.



L'entrée dans Aiguèze ne passa pas inaperçu. Nombreux habitants étaient là pour les féliciter, lesquels les accompagnèrent certainement jusqu'à la nouvelle demeure de Thonie. La pauvre mariée se voyant enfermée dans cette mauvaise rue étroite, ombragée et balayée par un vent glacial, ne pouvait que regretter amèrement le mas familial perdu au milieu d'une plaine ensoleillée.

J'aimerais vous dire qu'ils furent heureux, entourés par une ribambelle d'enfants, mais les contes s'écrivent plus facilement qu'ils ne se réalisent. Les documents font malheureusement défaut pour vous conter la suite de l'histoire. Mais, les guerres de religions qui arrivaient à grands pas, la peste qui fit de gros dégâts, sont les deux maux de cette fin de siècle, lesquels firent de grands ravages dans la population aiguezoise. Non, Jehan et Thonie ne furent certainement pas très heureux, mais, on n'en doute pas, très souvent ils devaient repenser à leur rocambolesque traversée de la plaine des Gras, quand le cochon s'écartait de la draille et que les brebis voulaient s'en retourner à la bergerie.



Lou Récataïre

précisons que les Volques sont des populations de culture celtique et ibérique du sud de la Gaule. On distingue les Volques Tectosages situés en Languedoc occidental (à l'ouest du fleuve Hérault), des Volques Arécomiques en Languedoc oriental.

mercredi 4 janvier 2017

TRADUCTION DU TEXTE DU RECATAIRE ECRIT EN PROVENÇAL (traduit par Charles BASCLE)

Beaucoup de gens bien dévots qui vont à l’église, se font tirer l’oreille quand dans les grandes occasions il faut donner une pièce à Monsieur le Curé.

Le fils Jaqué, que l’on nomme « Tétin » se maria au retour de la guerre avec la Louise BOURNICHET. Après la cérémonie, quand les mariés eurent reçu les félicitations dans la sacristie, Tétin offrit une boite de dragées  au curé et demanda : monsieur le Curé  combien je vous dois ? Ce que tu voudras mon enfant ; où plutôt ce que tu pourras ! Ici il n'y a que  des gens de paix.

Très bien monsieur le Curé je suis un honnête homme et je vais vous remettre ce qu’il me reste du billet que j’ai fait changer ce matin. Vous savez ce n’est pas croyable tous les frais qu’il faut faire pour une femme !! Et le Tétin de retourner ses poches une après l’autre, de fouiller sa veste son porte-monnaie, son  pantalon, et  voilà  Tétin qui pose sur la table de la sacristie six sous doubles et un sous simple soit treize sous.

Ça fera ? C’est quand même une belle somme treize sous pour un mariage !! Et il paya disant « quand on fait ce qu’on peut on fait ce qu’on doit » tant pis pour le bas de soie. Que le bon Dieu te le rende dit le Curé
                                          
Trois mois plus tard le Curé s’en retournait de voir un malade en lisant son bréviaire quand il rencontra notre ami Tétin qui revenait de Barjac.

Bonsoir Monsieur le Curé,  bonsoir Tétin alors ce mariage tu es content ? Ah mon pauvre Monsieur le Curé ne m’en parlez pas, vous ne pouvez pas le croire ! Je me suis bien fait « encougourder » et de première.
                                      
J’aurais mieux fait de me jeter au Rhône le jour où j’ai pris la Bournichette ! Ce n’est pas croyable elle est fainéante comme un chien de dame, gourmande comme un chat, mauvaise langue, dépensière ! Ma vie est un enfer à la maison rien de facile pour moi et chaque fois que je veux lever la langue c’est toujours une bêtise.

Mon pauvre enfant, dit le Curé, je te plains bien de te voir dans cet état. Mais sois un peu patient tout peut s’arranger avec le temps.

Ce brave Curé qui était un peu blagueur, ne put retenir son sourire en rajoutant : « tu dois quand même te méfier, mais  bien entre nous tu en as eu pour tes treize sous !! »


mardi 27 décembre 2016

LA MAISON PRADIER AU HAMEAU DE BORIAN

Maison Pradier au Borian



Qui n'a pas eu ces sentiments de malaise et d'interrogations quand, au détour d'un sentier, au coin d'une rue ou perdu dans les bois, nous tombons sur les vestiges d'une ancienne demeure ? Les ruines sont comme un cimetière d'émotions disparues à jamais. On y devine les rires des enfants de jadis, la souffrance de vieillards esseulés. On imagine ces jeunes couples affrontant la dureté d'une vie de labeur, donnant vie entre ces pierres aujourd'hui disloquées. Les ruines sont le reflet de la condition humaine, hier magnifiques et chéries, demain oubliées et meurtries.

  
Ce sont les sentiments que l'on ressent quand, à Aiguèze, nous traversons l'ancien hameau du Borian. Malgré une journée radieuse d’été nous conduisant en bordure d’Ardèche, la traversée obligatoire de ces ruines nous interpellent à chaque fois. Qui a vécu ici ? comment vivaient-ils et de quoi ? pourquoi cet abandon général ? Autant d’interrogations qui resteraient sans réponses si les archives communales n’étaient pas là pour nous éclairer !

  
Aujourd’hui nous allons découvrir la maison Pradier, cette maison se trouve le long du sentier conduisant au lieu-dit le Lavoir, elle est la dernière sur la droite, sur le mur de laquelle fut apposé par la mairie un panneau de mise en garde. De cette maison il ne demeure encore debout qu’un pan de mur au rez-de-chaussée ainsi que quelques portions de voûtes au sous-sol. Il est aisé de prévoir que sous peu il ne restera de cette bâtisse qu’un tas de pierres que coloniseront ronces et figuiers.

  

"Entrée principale de la maison Pradier"



Grâce aux documents d’archives nous pouvons retracer son historique depuis la moitié du 16ème siècle jusqu’à aujourd’hui. Quant aux familles qui l’ont occupée, on peut en suivre le cheminement avec exactitude dès la fin du 17ème siècle et jusqu’à son abandon au milieu du 19ème.

  
Mais tout d’abord il faut préciser la raison de l’implantation de ce hameau, hameau se trouvant en bordure d’Ardèche et hors des remparts protecteurs du village d’Aiguèze. Durant de nombreux siècles un bon nombre de familles aiguezoises vivait en grande partie grâce aux revenus que procuraient la pêche et la batellerie. Les différents droits de pêche affermés par les seigneurs locaux et les nombreux baux de transport par bateaux permettaient à ces familles de vivre avec une certaine aisance. Cette vie au bord de l'eau déclina tout au long du 19ème siècle, les nombreux arrêtés régissant la pêche, les transports par voie terrestre devenus plus aisés, eurent raison des derniers irréductibles habitants du Borian.

  
Historique du bâti : Le plus ancien document citant cette maison est le compoix de 1545, elle appartient alors à Jaume Senno et est ainsi désignée  : «  Item une maison et cour a Borrian confronte du levant en ardèche, du couchant au chemin, de l'auré aux patis, du marin au casau de Frances Chabot, contient de maison 7 cannes et mièje et de cour 16 cannes  »

  
A cette époque on note une forte concentration du bâti, pas moins d'une trentaine de maisons peuvent être dénombrées. Une partie de celles-ci sont désignées comme étant en ruines, on devine un premier déclin au début de ce siècle, de nombreux propriétaires ont déjà quitté le Borian pour s'installer à St Martin.

  
Deux siècles plus tard la maison qui nous intéresse est la propriété de Pierre Suau, fils de Jean, elle est ainsi désignée sur le compoix de 1734  :
  
«  Premièrement une maison à Borian, confronte du levant maison et court de Pierre Mercier en partie passage au milieu, du couchant la rue, de bise chazal de Joseph Brun et chazal de Louise Fouguette de Barjac, du marin maison de Louis Suau passage au milieu, contenant en couvert treize cannes et en cours deux, présage un sol deux deniers  »

  
Peu de temps après, les hoirs de Pierre Suau vendent la maison à Firmin Brun. Firmin est bien sur pêcheur et travaille également quelques petits coins de terres non loin de là. Le 6 février 1767 il marie sa fille à Jean Pradier, c'est ainsi qu'on trouve celui-ci chargé de ce bien, dont il avait hérité par sa femme, sur la livrette de 1770. Cette famille Pradier fut la dernière à habiter la demeure au bord de l'eau, nous nous y intéresserons donc d'un peu plus près...

  
Le bâti : C'était une demeure composée de trois niveaux, sur le même modèle que les constructions que l'on trouve couramment dans la partie ancienne du village. Le rez de chaussée est voûté et le premier étage couvert par un plancher aujourd'hui disparu. Du côté du couchant, la déclinaison naturelle du terrain mettait une partie du rez de chaussée en sous-sol. Ces deux niveaux étaient accessible uniquement par l'extérieur, l'entrée principale est toujours visible et donne directement sur la rue publique. A gauche de l'entrée se trouvait encore, il y a peu, une cuve de pierre «  à tenir l'huile  » , cette cuve que l'on nommait anciennement « tine  » est aujourd'hui scellée au bas des escaliers qui donnent accès au Borian. A droite de l'emplacement où se trouvait cette cuve, on aperçoit encore l'ancien garde-manger, celui-ci est implanté dans l'épaisseur du mur et l'on devine l'emplacement des anciennes étagères en bois.

  
Les différences de superficies que l'on note au fil des siècles, proviennent moins d'aménagements successifs que de la multitude de partages, héritages ou mariages que l'on devine durant la longue histoire de cette possession. Au 18ème siècle, la bâtisse est imposée pour environ 50m² en couvert (au sol). Cela peut paraître peu au regard de nos habitations actuelles, mais, pour l'époque, cette superficie est même supérieure à la moyenne... La cuisine était la pièce principale, les inventaires que l'on trouve sous l'ancien régime et qui décrivent avec exactitude tous les ustensiles qui la composent, nous indiquent qu  'elle était bien souvent utilisée comme chambre à coucher. C'est dans la cuisine que se trouvait la cheminée, le maigre feu qui le soir éclairait la pièce servait plus à préparer le repas qu'à réchauffer l'atmosphère. Le bois de chauffage était un luxe et les fagots ramassés étaient le plus souvent vendus pour arrondir les fins de mois.

  
La famille Pradier du mas de Sauze  : On rencontre ce patronyme à Sauze (hameau de St Martin) à la fin du 16ème siècle, il est absent avant cette date sur la paroisse d'Aiguèze (on ne dit pas encore commune). Le plus ancien membre connu de cette famille est Jehan Pradier, on le trouve se mariant en 1572. C'est de ce Jehan que descend directement, deux siècles plus tard, notre Jean qui nous intéresse ici... Nous ne nous attarderons pas sur cette filiation, qui demanderait à elle seule un article à part, pour nous étendre plus en long sur les derniers membres de cette famille.

  
C'est donc durant la seconde moitié du 18ème siècle que Firmin Brun, ayant deux filles à marier, pris pour gendres Jean et François Pradier de Sauze. François, malgré trois unions n'eut aucune descendance. Jean, son frère, qui connaissait bien les métiers de pêcheur et de batelier pour les avoir pratiqués depuis longtemps, vint tout naturellement s'installer de l'autre côté de la rivière pour reprendre les rennes de la petite entreprise familiale.

  
Jean Pradier et Marie Brun, son épouse, donnèrent naissance à quatre enfants dans cette demeure du Borian : Trois filles et un garçon. Ces naissances s'étalent entre 1769 et 1780. Deux des filles quittèrent ce petit hameau mal commode, lors de leur mariage, pour s'installer dans la cité sus-jacente. Le plus jeune des enfants se prénommait également Jean, du prénom de son grand-père, qui, comme de coutume, était également son parrain.

  
Ce dernier Jean, naquit au Borian le 24 mai 1772 et fut baptisé le lendemain en l'église de St Martin. Les habitants du Borian avaient en effet l'obligation de célébrer tous les grands événements religieux en l'église de St Martin comme appartenant à cette paroisse. On imagine tous ces enfants en très bas âges, chargés dans quelques barques et traversant en toutes saisons les eaux parfois glacées, sous une bise du diable !

  
Jean avait pour surnom «  Jeannot  », le surnom étant bien souvent noté sur les documents officiels car permettant de différencier plusieurs membres d'une même famille. Grâce à son ordre de réquisition du 19 pluviose an 4 on peut connaître sa morphologie  : «  Taille 5 pieds, cheveux et sourcils châtain tirant sur le noir, yeux gris, nez un peu gros, bouche moyenne, menton et visage rond  ». En 1802 on trouve Jeannot se mariant avec Rose Rouvier, le couple s'installa tout naturellement dans la maison du Borian. Une nouvelle fois, car l'histoire n'est qu'un perpétuel recommencement, de nouveaux enfants allèrent voir le jour dans cette maison au bord de l'eau. Neuf naissances auront lieu entre 1802 et 1816, dont quatre décéderont en bas âge... La mort étant à cette époque un événement omniprésent  ! Jeannot décèda à son tour en 1848, veuf depuis huit années.

  
L'aîné de cette famille se prénommait, comme il se devait, Jean  ! (sixième du nom...) Il fera partie des derniers habitants du Borian, y étant né en 1802, il y décèdera en 1860. Toutefois, la dernière naissance de la famille Pradier au Borian est enregistrée le 16 mars 1878. Il s'agit de Rosine-Euphrosine, qui épousera en 1899 Marius Dumas...


Peu après cette date les Pradier quitteront le Borian, les filles par mariage, les garçons par des occupations plus valorisantes que la pêche. Le hameau abandonné tombera en ruines au fil des ans. Les propriétaires viendront ici récupérer tuiles, poutres et planches. Les tines, trop lourdes, garderont seules les murs à présent dénudés, murs qui petit à petit disparaîtront, emportant les rires et les pleurs qui les ont si longtemps habité...

  
 "La tine de Jean Pradier"




Lou Récataïre