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jeudi 26 janvier 2017

UNE CARTE POSTALE AVEC LES ELEVES DE L'ECOLE EN 1910

Reconnaissez-vous certains élèves sur cette carte postale de 1910 ? En cliquant dessus vous pouvez l'agrandir. En tout cas l'Ecole n'a pas beaucoup changé !



Mon Grand père portait sur lui  cette même carte représentant l école du village et quelques élèves  quand il a été tué . Elle porte l' impact de la balle qui l' a mortellement blessé

Charly


Je rappelle que le grand-père de Charles BASCLE est mort pour la FRANCE le 19/08/1917 à VACHERAUVILLE (Meuse).



document extrait du travail de recherche que je suis en train de finaliser sur les aiguézois morts pour la France lors de la guerre 14/18.

vendredi 13 janvier 2017

VENDANGES CHEZ MES PARENTS ENTRE 1950 et 1960

On peut reconnaître sur cette photo prise dans les années 50/60 (je pense en 1953) outre mes parents, la mamé ZANI, Adrien NELAUPE, les époux FONTANILLE, un Ardéchois de St FORTUNAT (pays de ma mère) : René CRUMIERE .

mercredi 4 janvier 2017

UNE PHOTO PROPOSÉE PAR LE RECATAIRE .

Un bel après-midi d'août 1942 à la "Figuarette", avec de gauche à droite et de haut en bas:
MERCIER Fernand - ARNAUD Jean - CAPMAS Gérard - JOUVE Marcel - CHENIVESSE Roland - MERCIER Paul - FIORINI Elie
ALLAUZEN Renée - JOUVE Georges - ROUMEGUE Marc - SUAU Aimée
SUAU Robert - Un jeune de St Martin - EINAUDI Henri


Certaines personnes restent à identifier...



L'original appartenait à Elie FIORINI, il l'avait communiqué en 2002 pour publication dans "Racines aiguezoises" en précisant qu'elle ferait certainement plaisir à ceux qui sont encore en vie... Publication tardive donc !
Le Recataïre



mardi 4 octobre 2016

QUELQUES DOCUMENTS SUR Léopold CHIRON INVENTEUR DE LA GROTTE CHABOT ET LE PREMIER A AVOIR ATTRIBUE LES GRAVURES RUPESTRES A LA MAIN DE L'HOMME PLUTÔT QU'AUX FACETIES DE L’ÉROSION NATURELLE


Léopold Chiron né en 1845 en Ardèche était un instituteur passionné d'archéologie. Sa vie durant, il a exploré dolmens, abris sous roche et grottes dans le Bas-Vivarais, à la recherche d'objets fossiles laissés par les êtres vivants du passé. Il est ainsi l'inventeur de la grotte Chabot à Aiguèze où il mit à jour en 1878 les premières traces de l'art pariétal en Europe Occidentale

Les ARCHIVES DEPARTEMENTALES DU GARD prologent l'exposition sur les photographies de CHIRON jusqu'au 27 Janvier 2017.

Léopold Chiron, photographe

Exposition prolongée jusqu'au 27 janvier 2017.



la GROTTE CHABOT dans notre commune est la première grotte pour laquelle on a conclu que les gravures n'étaient pas d'origine naturelle mais venaient de la main de l'homme préhistorique. On doit ces observations à Léopold CHIRON.

La DRAC est propriétaire de la grotte CHABOT et en assure la protection. 







DANS LE MIDI LIBRE : des précisions sur la vie de CHIRON dans notre région .

http://www.midilibre.fr/2016/09/11/saint-julien-de-peyrolas-centenaire-de-la-mort-de-leopold-chiron,1391716.php

""L 'histoire archéologique de la région fait toujours référence à Léopold Chiron, instituteur et archéologue, réputé pour ses recherches et ses remarquables découvertes. 

Né le 11 juillet 1845 à Saint-Marcel-d'Ardèche, d'un père épicier, Léopold Chiron fait de solides études. Après un long périple scolaire, il est nommé, en 1868, instituteur à Saint-Martin-d'Ardèche. Il est de ce fait dispensé du service militaire, ayant contracté l'engagement de se consacrer à l'instruction primaire durant dix ans. Passionné d'archéologie, il associe souvent ses élèves aux fouilles qu'il pratique avec soin et minutie. Il utilise des outils simples, encore employés de nos jours par les archéologues, comme la truelle et la balayette.

En 1878, il va d'ailleurs découvrir la grotte Chabot à Aiguèze, et sera le premier à réaliser un relevé de gravures préhistoriques, par estampage et enregistrement sur support photographique. Mais à cette époque, leur caractère paléolithique et l'interprétation exacte des figures lui échappent. Chabot sera néanmoins la première grotte ornée répertoriée en Europe.

Cette même année il est muté à l'école de Saint-Just-d'Ardèche, où il continue ses activités annexes. Il conduit de nombreuses conférences archéologiques dans le canton de Bourg-Saint-Andéol. A Saint-Just-d'Ardèche il a créé un musée scolaire comprenant près de trois milles objets de la préhistoire. " J'ai fait des dons aux musées de Lyon, Saint-Etienne, Montélimar, Privas, Bagnols " écrit-il en 1904. Léopold Chiron y a dispensé bénévolement, durant une décennie, des cours d'alphabétisation pour adultes, et a également fondé une société de secours mutuel (ancêtre de la Sécurité sociale) et une Société protectrice des animaux. Une vie particulièrement bien remplie.

La qualité de ses travaux est reconnue par les plus grands préhistoriens. Léopold Chiron est d'ailleurs médaillé de la Société française d'archéologie en 1897. Cette distinction lui a été décernée en même temps qu'à l'abbé Etienne Goiffon (dictionnaire du diocèse de Nîmes) et Louis Bruguier-Roure (bulletin monumental du Gard, etc.), deux historiens réputés. Sur proposition du ministère de l'Instruction publique et des Beaux-arts, il est promu chevalier de Légion d'honneur par décret du 18 juin 1904.

En 1905, il fait valoir ses droits à la retraite, et se retire alors à Saint-Julien-de-Peyrolas, où il avait épousé en 1870 Marie Deloule, fille d'un maçon. Le couple a une fille, Laurentine, qui se marie cette même année à Laurent Varvier, lequel se distinguera durant la Grande Guerre, étant capitaine d'infanterie, et sera élevé au grade de commandeur de la Légion d'honneur.

Léopold Chiron a prospecté un nombre considérable de grottes d'époques diverses (dont, en 1910, l'abri sous roche du Puits de Ronze à Orgnac), de cavités funéraires, de dolmens et menhirs dont il s'est fait une sorte de spécialité et où il est souvent le premier à effectuer des fouilles méticuleuses. Il a publié diverses notes d'anthropologie préhistorique et constitué, à Saint-Julien-de-Peyrolas, une superbe collection d'objets en pierre taillée ou polie provenant de ses fouilles, aujourd'hui essaimée dans les musées de la région.

Léopold Chiron est décédé le 30 septembre 1916 à Saint-Julien-de-Peyrolas, où il est inhumé.

Dans la contrée, Léopold Chiron a créé des émules. Jean-Louis Penel, les frères André et Pierre Huchard, André Obenich et d'autres prendront la relève, tel Jacques Goury, directeur du Laboratoire archéologique cantonal, qui a travaillé ces dernières années sur les treize sites archéologiques du village, dont les fours de potiers de Grange-Neuve, la villa gallo-romaine de Font d'Orgues et diverses sépultures.""

A noter que la place de la Mairie à St MARTIN D'ARDECHE porte le nom de Place Léopold CHIRON.

La découverte du site de la grotte du Figuier commune de St MARTIN D'ARDECHE revient à L. Chiron. Dans sa première note, il signale la découverte de poteries et d’« une quantité incroyable de silex ».


la plaque en l'honneur de Léopold CHIRON sur la façade de la Mairie de St MARTIN

A quand une plaque en son honneur par exemple "Placette Léopold CHIRON" à AIGUEZE ?

Documents relevés par Roland VINCENT.  Si vous avez d'autres documents ou connaissances sur Léoplold CHIRON nous pourrons enrichir cet article. Merci de votre contribution.

samedi 24 septembre 2016

LA PREMIERE HORLOGE D'AIGUEZE PAR LE RECATAIRE

La première horloge à Aiguèze





Le portail de la Font, avec l'ancienne tour choisie pour y installer l'horloge ?


  
Connaitre l'heure exacte fut un défit auquel les anciens furent souvent confrontés. Si les travaux des champs ne demandaient pas une exactitude en ce domaine et que les paysans savaient se contenter de l'astre du jour, il n'en était pas de même dans l'administration communale ou religieuse où une certaine précision était à respecter.

Très tôt, les communautés, pour satisfaire ce besoin de précision, adoptèrent un des rares moyens mis à leur disposition pour indiquer l'heure: le cadran solaire. Mais celui-ci avait le fâcheux inconvénient de rester particulièrement muet par temps couvert, et malgré le fort taux d'ensoleillement sévissant dans notre région, cela demeurait un problème.

Dans les archives d'Aiguèze on ne retrouve aucune trace d'un quelconque cadran solaire installé sur le communal, mais cela n'en exclut pas l'existence. On les trouve parfois mentionnés dans les villages aux alentours et sont nommés "Montre à soleil" dans les actes notariés.
  
Sur notre commune, la délibération du 30 frimaire an 9, nous confirme qu'il n'y avait à cette époque aucun moyen pour connaitre l'heure. Jean Pagès, nommé pour fermer les portes du village durant la nuit, devait se fier au déclin du jour pour d'abord les fermer, puis "lorsque le jour commencera à paraître" pour les ouvrir, et cela "car il n'y a point d'horloge pour en fixer l'heure".
  
En 1808, suite à la vente de coupes de bois, François Romanet, alors maire de la commune, expose au conseil son dessein d'établir une horloge mécanique. Le conseil, approuvant le projet, en formula aussitôt la demande au préfet afin que leur fut donné autorisation de dresser un devis. Cette horloge sera à placer sur la porte d'entrée du village du côté du midi. Par la même occasion le conseil décide que la cloche de l'église se trouvant sur le rocher au-dessus du choeur de l'église soit placée auprès de celle de l'horloge. En effet cela faisait longtemps que les fidèles se plaignaient de ne point entendre le son de la cloche par temps de mistral et ainsi de manquer les offices...

  
Par la délibération du 10 mai 1809, le conseil, sous la présidence de François Romanet, approuve le devis relatif à la construction d'une horloge dressé par le Sieur Granet du Bourg St Andéol pour une somme de 2656,44 Frs. Le conseil charge le maire d'envoyer de suite ce devis au sous-préfet de l'arrondissement d'Uzès, afin qu'il le communique dans les plus bref délais au préfet du Gard (avec les moyens de l'époque...).

Malheureusement le dossier n'était pas complet et le Préfet exigea que lui fut expédié le dessin de la mécanique, ce qui fut fait en avril 1810...

En mai 1811, le conseil se plaint de n'avoir plus aucune nouvelle du Préfet ! Il ignore totalement si le projet a été validé ou pas. Il fallut à nouveau relancer le sous-préfet pour qu'il supplie à son tour le Préfet de s'intéresser un peu plus à ce petit village qui aimerait enfin connaître l'heure !
  
Suite à cela les délibérations restent muettes quand à la date exacte où fut installé notre horloge tant attendu, néanmoins on en trouve la trace peu de temps après. En effet, par délibération du 5 mai 1813, le conseil approuve une somme de 50 frs pour celui qui montera l'horloge ainsi que pour son entretient. Mais malheureusement, vu que personne dans le village ne voulut se charger de la besogne, jugeant celle-ci sous payée, il fut nécessaire de porter cette somme à 75 frs pour rendre l'offre plus alléchante : "Le conseil municipal observe à monsieur le préfet que l'article 5 a été augmenté de 25 Frs attendu que l'on ne trouve personne qui veuille se charger de l'entretient de l'horloge et la monter une fois par jour, cet entretient consiste à fournir l'huile pour oindre les rouages et pour fournir les cordes des contrepoids".

 Notre horloge fonctionna jusqu'en 1844, époque à laquelle, suite à de violents orages ayant causés de terribles inondations dans le village (septembre et octobre 1840), la tour qui l'abritait perdit son équilibre et qu'il fut ainsi nécessaire de l'abattre. Cette dangereuse besogne fut effectuée par les habitants d'Aiguèze au péril de leurs vies, et, comme le souligne le maire en 1845 : "La bonne volonté et le dévouement ne manqua à personne lorsqu'il fut question d'abattre la tour qui supportait le clocher et l'horloge parce qu'elle menaçait de s'écrouler, pas un n'a fait défaut à l'appel que j'ai fait à tous malgré le danger qu'il y avait à monter sur les murs qui ne tenaient déjà plus".
  
Après cet épisode qui fut funeste à notre horloge, les aiguezois furent privés de ce précieux mécanisme durant près de vingt années. Notre commune ayant eut en effet à faire face, durant cette période, à d'autres investissements beaucoup plus urgents. Il fallut attendre la délibération du 8 février 1863 pour voir l'adjoint au maire déposer sur le bureau de la mairie un accord entre Mr Millet, mécanicien du Pont St Esprit, et le maire de la commune, pour l'achat d'une horloge communale. Celle-ci fonctionnera de façon autonome durant quatre jours au lieu d'un seul pour l'ancienne, mais tout ceci est une autre histoire à aborder dans un autre article...



NB: Le dessin joint à l'article se veut interrogatif, en effet, les textes sont assez évasifs et ne renseignent pas avec exactitude le lieu, ou plutôt la tour, où fut installé notre première horloge. La délibération nous cite bien "la porte d'entrée du village du côté du midi", malheureusement au midi se trouvaient au moins trois tours qui auraient pu répondre à ce critère... Il faut attendre les délibérations des années 1840 pour apprendre que la tour détruite en 1845 et qui fut remplacée, à quelques mètres près, par le clocher actuel, abritait en réalité l'horloge. Mais cette tour ne servait pas de porte d'entrée du village, d'où confusion possible en lisant les anciens textes...

dimanche 4 septembre 2016

LE RECATAIRE NOUS FAIT PROFITER DE SES OBSERVATIONS ORIGINALES ET SENSATIONNELLES

Patrimoine caché aiguezois

Bien avant la grotte de Combe d'Arc (Chauvet) les facéties du bivalve urgonien sur les rivages aiguezois.
On reconnait le bouquetin, le canard, la poule, le boeuf, la caravelle...
Ces mollusques vivaient sur notre actuel territoire il y a quelques 130 millions d'années, l'érosion ayant créé ces dessins est bien entendu beaucoup plus récente (impossible à dater avec précision car en perpétuelle activité), mais bien plus ancienne que l'art pariétal ! 

Lou Récataïre









mercredi 31 août 2016

UN DOCUMENT DU RECATAIRE : DES AIGUEZOIS RÉUNIS SUR LA PLACE


Une photo prise sur le banc de la Justine le 10 avril 1966, avec de gauche à droite:
Jean-Jacques Vincent - Henri Baume - Emile Arnaud - Joseph Fabrègue - Félicien Barnouin. (photo communiquée par leRécataïre)

Ceux qui sont nés avant 1960 reconnaîtront ces quelques Aiguézois assis sur le banc de la place en train de parler de l'actualité du village, du pays, du monde ?



dimanche 21 août 2016

UNE PHOTO EXCEPTIONNELLE COMMUNIQUÉE PAR NOTRE RECATAIRE

""Une photo que je trouve exceptionnelle, prise par Elie Fiorini durant l'hiver 40-41 suite aux abondantes chutes de neige...
Le chemin du Giet sur lequel sont les personnages est complètement enfoui, on devine au premier plan le portail de la vigne faisant l'angle.

Avec de gauche à droite: 
Fernand Chabot - Paul Mercier - Louis Reynaud - Louis Suau - Bony Bessière - Fada - Fernand Mercier

(l'enfant reste à identifier)""

Signé : LE RECATAIRE




vendredi 19 août 2016

UN BARRAGE DANS LES GORGES EN 1505 DONT LA RIVIÈRE S'EST DÉBARRASSÉE TOUTE SEULE LORS D'UNE CRUE IMPRESSIONNANTE !

UN ARTICLE DU RECATAIRE CONCERNANT NOTRE RIVIÈRE ARDÈCHE !


1505

 La resclauze des Chartreux de Valbonne dans les gorges


C'est dans ce virage sous CASTELVIEL que fut établi le barrage

Quand on parle de barrage dans les gorges de l'Ardèche il nous vient immédiatement à l'esprit le projet avorté de la retenue de Dona Vierne. En effet, peu de personne savent qu'un barrage fut réellement construit dans le canyon de l'Ardèche et qu'il donna naissance à un très long procès. Procès qui fut finalement gagné par dame nature en désobstruant le lit de la rivière lors d'une crue mémorable.

Au 16ème siècle les Chartreux de la Valbonne était propriétaire du droit de pêche depuis le rocher de Castelviel jusqu'au guet du Borian. Vers 1500, dans l'espoir de profiter un peu plus de ce droit, les moines décidèrent de fermer la rivière. Barrer le cours d'eau permettait de pêcher avec une relative facilité en interdisant la fuite du poisson. En contrepartie cela avait le double inconvénient de compromettre sérieusement la navigation et de stopper la remontée des poissons. L'emplacement exact où fut édifiée cette retenue est incertain. Aucun document ne la localise avec exactitude. Toutefois plusieurs éléments permettent de la situer au-dessous du rapide de la caville, à l'endroit où le lit de la rivière est refermé par une avancée rocheuse. Cet étranglement de la rivière fut une bénédiction pour mettre en oeuvre le projet. Les éléments qui accréditent ce lieu sont divers. En premier lieu la toponymie, la source se trouvant quelques dizaines de mètres en aval se nomme en effet "La source de l'écluse". Puis la configuration des lieux, c'est en effet le seul endroit où barrer la rivière peut-être envisageable avec les moyens de l'époque. Enfin les cavités creusées dans la roche et qui permirent d'encrer des pieux de bois confirment la thèse.


Le 31 décembre 1506, lors de la tenue des états du vivarais, Bernard Nicolas, procurateur du dit pays, exposa à l'assemblée les conséquences dramatiques que pourrait avoir un tel projet s'il venait à se réaliser. On relève entre autres: "Laquelle resclause sera dommageable à tout le pays de Vivarais et circonvoisins de la dite rivière à cause de ce que si la dite resclause se fait, aucun poisson ne remontera contrement la dite rivière ..." Les états décidèrent d'en interdire purement et simplement la construction.

Mais c'était sans compter sur l'opiniâtreté des Chartreux et la puissance d'un tel ordre dans la région. Contre l'avis des états, les Chartreux mirent donc à exécution leur funeste projet. Immédiatement alerté les états du vivarais portèrent l'affaire devant les tribunaux, il était en effet impossible de tolérer un pareil affront.


En février 1509, alors que l'affaire piétinait, Louis Blanc, l'un des consuls de Bourg St Andéol, refusa de continuer à participer aux frais du procès. Pour lui cette affaire ne concernait que les riverains de l'Ardèche et nullement la ville de Bourg. Enfin à la fin de la même année la cour rendit son verdict, les états du vivarais perdirent le procès et furent condamnés à 25 livres d'amende pour le roi. Les états ne lâchèrent pas l'affaire pour autant.


En 1511 il y eut un premier essai de conciliation qui n'aboutit à rien. Toutefois, la même année fut passée une transaction entre le seigneur de Crussol et le prieur de la Valbonne. Il fallut néanmoins attendre la crue de 1521 pour que la "resclause" des Chartreux soit emportée par la violence du courant. Une nouvelle ordonnance du parlement de Toulouse arriva à point nommé pour en interdire la reconstruction. Cette ordonnance faisait obligation de démolir toutes les écluses et tous les barrages sur les rivières réputées navigables. Les membres des états du vivarais, réunis le 22 janvier 1523, profitèrent de l'aubaine pour essayer "d'empêcher que l'écluse des Chartreux récemment détruite par les inondations soit reconstruite, l'Ardèche sera ainsi navigable d'Aubenas à Pont St Esprit et on pourra envoyer du bois jusqu'à Avignon et Aigues-Mortes." Mais les Chartreux en avaient décidé autrement, il était impératif pour eux de réédifier la "resclause".


En 1524 plein pouvoir fut donné à l'évêque de Viviers pour transiger avec les moines de la Valbonne et essayer de leur faire abandonner leur projet de reconstruction. Rien n'y fit, en 1532 les Chartreux relevèrent l'écluse sur l'Ardèche, nouveau procès. En 1542 nouvelles plaintes contre les Chartreux de Valbonne qui ont relevé leur écluse sur l'Ardèche "quest fleuve navigable". En 1553 le cardinal de Tournon parvint semble-t-il avec plus de succès à ramener les Chartreux à la raison. Il n'est plus question à compter de cette époque d'écluse sur l'Ardèche. Toutefois en 1556 il y eut de nouvelles plaintes contre les habitants de St Just, Pont St Esprit et Valbonne qui empêchent la montée du poisson en posant des filets en travers de la rivière. Plainte réitérée en 1571 et donnant lieu à des mesures pour interdire la pose de filets à l'embouchure de l'Ardèche.

Quant à la "resclause" des Chartreux, elle avait barré la rivière durant trente-six années. Une première fois de 1506 à 1521 et une seconde fois de 1532 à 1553. Il ne sera plus question ensuite de barrage dans les gorges de l'Ardèche jusqu'en 1926. Epoque à laquelle ce joyaux de la nature a bien failli disparaître pour de bon, englouti par les eaux!

Lou Récataïre


Sources:
Extrait des délibérations des états du Vivarais, 31 décembre 1506, 24 janvier 1508, 8 février 1509, 15 décembre 1509, 11 février 1511, 15 février 1511, 20 janvier 1523, 8 janvier 1524, 26 novembre 1532, 5 décembre 1542, 13 décembre 1553, 4 novembre 1556, 7 décembre 1571 (AD07, C329, C330, C331, C333).



 "1506 - Extrait des délibérations des états du vivarais par-devant Bernard Nicolaï, syndic du vivarais. "

jeudi 21 juillet 2016

UN ARTICLE DU RECATAIRE CONCERNANT LE NOM DES RUES ET PLACES DE NOTRE VILLAGE et UN DOCUMENT de 1868


A propos des noms de rues et autres toponymes aiguezois





Dans un précédent compte rendu du conseil municipal est abordé le projet de "baptême des noms des voies et quartiers de la commune, s'appuyant sur les anciennes appellations". Il s'agit bien sûr d'une initiative louable, qui, si elle est bien conduite, remettra enfin au goût du jour les véritables noms de nos rues et quartiers. En effet, on a vu fleurir au fil du temps quelques noms qui, petit à petit, se sont inscrits comme authentiques, mais qui en réalité ne le sont pas.

Certaines de ces appellations sont acceptées depuis fort longtemps, ce qui a pour effet de leur donner une pleine légitimité, d'autres ont été adoptées depuis peu.



Au contraire, de nombreux toponymes ont été abandonnés depuis très longtemps et des rues ou impasses restent sans nom. En ce qui concerne les quartiers en dehors des murs, cet abandon est dû au fait qu'autrefois les terres cultivées étaient beaucoup plus morcelées, ce qui impliquait également beaucoup plus de noms pour désigner les quartiers. Dans le village ce sont diverses causes qui ont créé l'oubli : défaut d'écrits, absence de transmission orale...



Pour ce qui est des appellations communément acceptées, il faut citer par exemple le "Portail Haut" et le "Portail Bas" (Ce dernier tendant à disparaître à son tour). Ces noms n'existent dans aucun document d'archive. Les noms originels étant pour le premier "Le Portail Soubeyrant" pour le second "Le Portail de la Font". Le troisième portail qui permettait d'entrer dans l'enceinte était "Le Portail de l'Escale". Il existait un quatrième portail sous la tour de l'ancienne maison commune appelé "Le Portail de l'église", mais celui-ci ne permettait pas, semble-t-il, de sortir de l'enceinte mais seulement de rejoindre la placette de l'église.



Pour les rues on relève dans les anciens textes, par exemple, la "Rue des Merlets" (remparts) qui permettait de sortir du Castelas pour rejoindre la Grand-Rue. Egalement la "Rue des Ortets" (jardins) qui est l'impasse derrière l'ancienne Auberge Sarrazine, qui permettait de joindre les jardins sous les tours. On trouve la "Rue des Barnoins" qui donnait accès au quartier des Barnoins (On n'écrivait pas encore Barnouin) aujourd'hui baptisée Combe des oiseaux... On ne trouve sur les anciens compoix aucune famille de ce nom habitant ici, ce qui permet de donner une grande ancienneté à l'appellation, rappelant qu'ici vivait au moyen-âge, une ou certainement plusieurs familles de ce nom. On trouve aussi, dans les documents, le quartier du "Paradis", nom encore en usage chez les anciens et qui a donné son nom à un excellent vin ! C'était en réalité le nom d'une ancienne tour défensive du Portail de la Font. Cette tour se trouverait aujourd'hui à quelques mètres devant la fontaine St Roch, au milieu de la place. Elle servit un temps pour la première horloge du village puis fut détruite vers le milieu du 19ème siècle.



En 1868 il fut fait "défense aux habitants de ne jeter aucune bête morte depuis le Castelas, le Peyrolas et le Soubeyrant". Si la première et dernière appellation sont bien connues, au contraire Peyrolas (pierre qui roule) est assez énigmatique, mais semble désigner le Castelas nord, au bout donc de la "Rue des Merlets".



Pour la Rue du Barry (mur d'enceinte), on disait, avant que ne soient construit les nombreux bâtiments le long des remparts, "Derrière le Barry" ou "Tras le Barry", car il n'y avait ici aucune rue mais seulement les anciens fossés défensifs. La logique voudrait aujourd'hui que l'on inverse la Rue du Vallat avec la Rue du Barry, le vallat ne s'étant en effet jamais trouvé à l'intérieur de l'enceinte... Mais l'erreur perdure depuis très longtemps et il serait mal vu de la corriger !

Derrière le Barry se trouvait "Las Parrans" avec ses nombreux jardins, et en haut la "Callade". Cette dernière appellation désignant le chemin autrefois calladé descendant du Giet, chemin qui causa de nombreux soucis aux municipalités successives car très souvent détérioré par les eaux... (ce qui explique le calladage).

Il y avait encore "Le Desteil" ou "Desteil de la Font", quartier où se trouve aujourd'hui le lavoir, et le "Vallat du Desteil" qui est le point principal d'évacuation des eaux du village en cas d'orage... Ce vallat fut désobstrué durant le haut moyen-âge afin de baisser le niveau de la nappe phréatique, travaux encore visibles sur la roche à la "Fonquette" aussi appelé "Dibalen".



Il faut noter également, dans le village, la Fontaine appelée "Le Griffon", laquelle, maintes fois réparée, coulait à deux tuyaux les eaux captées à la Callade. Cette fontaine se trouvait sous le cimetière, un bassin attenant permettait aux troupeaux de s'abreuver.



Il y avait la "rue du four commun", aujourd'hui transformée en placette face à l'actuel restaurant "Chez David". Comme son nom l'indique, se trouvait ici un bâtiment abritant le four banal, il fut détruit au 19ème pour une cause que les documents taisent...



Pour les places, il y en avait trois: "La Place" "La Placette" et la "Place de l'église".

La première était la place principale et se trouvait au milieu de la Grand-Rue, c'était le centre du village. Le puits communal, aujourd'hui disparu, se trouvait là, lieu principal d'échanges et de rencontres.

La seconde place, appelée "Placette" était, et se trouve toujours, près de l'hôpital.

La troisième, où se tenait par beau temps les réunions du conseil (l'ancienne mairie était minuscule), était, comme son nom l'indique, au devant l'église, où se trouve aujourd'hui l'olivier.

La "Place du jeu de paume" ne fut créée qu'au 19ème siècle sur les anciens fossés du château. Le jeu de paume se pratiquait anciennement dans ces fossés. La vente et destruction des remparts en 1830 ouvrit le village à l'ouest, déplaçant ainsi le centre du village.



En dehors du village il existait un nombre important de toponymes, seule une petite partie est encore en usage. Heureusement les archives sont encore présentes pour nous rappeler ces noms oubliés, ces mots chargés d'histoire. En voilà quelques uns pris au hasard: Colline des Espigeaux, Coste-belle, Four de Saint Thomas, Frappy, Hière d'Huguet, Las Lobières, Obradoux, Pras de la Telle, etc, etc...



Les archives peuvent nous renseigner sur les toponymes couvrant l'ager, mais très peu sur ceux situés dans les communaux. Ces communaux couvrent plus de la moitié de notre territoire et possèdent également une multitude d'appellations qu'il serait bon de répertorier. Certaines de ces appellations tombent dans l'oubli, comme par exemple "La Font de la Noire", "Le Gour du Riquette", "Le trou de Paroche", "La montée de Ronze". D'autres au contraire sont nouvelles, souvent sortie de l'imagination de chasseurs voulant marquer un lieu. Cette évolution montrant que rien n'est fixé et que faute d'être gravé dans la pierre, couché sur papier ou transmis oralement, beaucoup de noms disparaîtront encore au fil du temps, mais est-ce bien grave...

  
Lou Récataïre


1868 - Exemple de document permettant de retrouver d'anciennes appellations"


vendredi 8 juillet 2016

L'HOPITAL D'AIGUEZE (CHM : "Centre Hospitalier Médiéval" NDLR) DOCUMENTS DU RECATAIRE


4 mai 1370


  
Election d'un hospitalier à l'hôpital d'Aiguèze



L'ancien hôpital d'Aiguèze est une très belle bâtisse édifiée au 14ème siècle. On connait les grandes lignes de son histoire mais il ne subsiste que très peu de documents d'archives pour en restituer son fonctionnement.
  
Le document qui suit est exceptionnel, il est le seul en effet qui nous renseigne, succinctement il est vrai, sur son utilité, de quelle façon il était géré et par qui... Cet acte est inséré dans un inventaire des archives d'Aiguèze fait au 16ème siècle par le greffier consulaire de l'époque. Par chance cet inventaire, et d'autres qui suivirent, figure toujours en bonne place dans nos archives municipales.

  Que nous apprend cet acte ? 

Tout d'abord que c'est la communauté en la personne du syndic, que l'on nommera plus tard consul, qui avait la charge de choisir un hospitalier pour en assurer le bon fonctionnement. Celui-ci avait pour charge de gérer l'hôpital et le domaine s'y rattachant. Faisait partie de ce domaine la grande terre du Puget (aujourd'hui la vigne se trouvant au sud de la Croix Rouge) qui restera jusqu'à la révolution propriété de l'hôpital du St Esprit.

Les revenus du domaine servaient à couvrir les frais de fonctionnement de cette fondation de charité. S'ajoutaient à cela les nombreux dons et légats fait par les particuliers. Pouvaient bénéficier de ces générosités tous les pauvres du village, qui, une fois vieux ou malades pouvaient venir "y souffrir leurs maladies". Y étaient également reçues, les femmes enceintes durant toute leurs grossesses, ici nommées "gesnis".

Aucun document d'époque ne subsiste pour nous faire connaître le père fondateur de cet établissement. Mais on peut l'attribuer, sans trop de risque d'erreur, à la famille De Sabran co-seigneur des lieux au début du 14ème siècle. L'hôpital fut vendu en 1486 par Thomas De Belles Manières aux recteurs de l'oeuvre du St Esprit, lesquels conservèrent le domaine jusqu'à la révolution. On ignore à quel moment exact l'hôpital cessa de fonctionner, mais on en perd toute trace dès le 16ème siècle. Au 18ème c'est un particulier qui occupe la bâtisse et cultive les terres, mais l'hôpital a perdu sa fonction primitive depuis longtemps déjà.

  
Transcription textuelle de l'acte:

" Sentence arbitrale donnée entre le syndic des habitants d'Aygueze et Pierre Privat hospitalier esleu a l'hospital dudit Aygueze par ladite communauté contenant la forme et reglement selon lequel ledit hospitalier debvois entretenir ledit hospital quy estoit a la place la maison dudit hospital c'est a savoir la place dudit temps d'iceluy contrat, et est faicte mention par ledit contrat d'une vigne jardin terre et olivette dudit hospital que ledit hospitalier estoit tenu duement cultiver et entretenir et en son absence ou maladie ladite communauté et employer lesdits revenus et autres droits et légats dudit hospital a l'achat de linges, couvertes et choses nécessaires a icelluy, et par pacte expres est pacté qui sy dans la paroisse d'Aygueze y a quelques pauvres nayant maison et soye malade, ledit Privat estoit tenu de laller guerir, et syl y a une femme enceinte a l'hospital la nourrir et entretenir selon les facultés d'icelluy hospital durant sa gesnis, et sy ung homme d'Aygueze mesme ayant maison qui veuille aller souffrir sa maladie audit hospital sera tenu ledit hospitalier le recepvoir et autres pactes et reglements y contenus de l'an 1370 et le 4 may recu par Thomas de Ully notaire "

Lou Récataïre


Ci-dessous le document original du XVIème"



mardi 21 juin 2016

1382 : LES TUCHINS S'EMPARENT DE LA FORTERESSE AIGUEZOISE A COUPS DE CANONS ... DU BON MUSCADET AIGUEZOIS!

LE TEMPS DES JACQUERIES (d'après les travaux de Paul-Jean ROUX Diplômé de l'Ecole Supérieure de Commerce de Montpellier).

A partir de 1360 les campagnes s’agitent à cause du poids des impôts : notamment la Gabelle (impôt sur le sel) de la présence des Anglais, ils se soulèvent contre le roi de France et les seigneurs.
Le roi de France vendit, vers 1374, la juridiction et le château d’Aiguèze à Pons de Biordon, visiteur général des gabelles de l’entrepôt du sel de Pont-Saint-Esprit . C’était un homme fort riche, anobli de fraîche date , fort impopulaire dans la région.

« Un matin du printemps 1382, l’émeute éclate au Pont St Esprit, les paysans venus se ravitailler en sel, assaillent le grenier, brisent les mesures, font main basse sur la marchandise » PONS DE BIORDON, visiteur général des gabelles à Pont St Esprit est aussi co-seigneur d’Aiguèze.
Pons de Biordon dût s’enfuir de Pont-Saint-Esprit. Son beau château d’Aiguèze, qui passait pour imprenable, fut livré aux Tuchins par Etienne Astier, qui en avait la garde, « dans la fête de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie, en septembre 1382 » .



Les Tuchins convoitaient cette forteresse pour les réserves de blé, de vin et d’armes qu’elle contenait. Quand ils arrivèrent devant le pont-levis, les quelques gardes qui formaient la garnison étaient tranquillement assis en train de jouer aux tables, avec plusieurs outres de vin (« boutos ») le fameux "muscadet", à leurs côtés. Ils ne résistèrent pas aux nouveaux venus et ils burent tous ensemble de nombreux verres de vin pur .

Les Tuchins firent du « castrum de Ayguedinis » leur place-forte et le quartier général de leurs troupes dans le diocèse d’Uzès. Ils y logeaient au nombre de neuf cents (« nonies cantum »). Ils en restèrent les maîtres pendant plus de quatorze mois. A plusieurs reprises le Pouvoir essaya de parlementer avec eux pour leur faire évacuer cette redoutable forteresse. Ce fut toujours en vain. Au contraire, ils s’emparèrent de plusieurs châteaux du pays dans le courant de l’année 1383. Ils restèrent 14 mois à Aiguèze, à boire, jouer, voler.

Cette situation inquiète et effraye les habitants .
Les nobles de la région se groupèrent alors pour lutter contre les révoltés. Leurs gens d’armes cantonnés à Pont-Saint-Esprit marchaient sous les ordres d’un certain Seigneur Gaudonnet , chevalier, lieutenant du vicomte de Beaufort Turenne, comte d’Alès, baron de Bagnols et de l’évêque d’Agen.

Les hommes de Gaudonnet vinrent de Pont-Saint-Esprit commencer le siège du castrum d’Ayguedinis en décembre 1383. Malgré la résistance des Tuchins, ils s’emparèrent de la formidable forteresse grâce à leur matériel de siège. Quoique les documents soient très laconiques sur cet événement, il est raisonnable de supposer que malgré leurs efforts désespérés, les Tuchins furent forcés dans leur refuge suprême et impitoyablement massacrés après torture, avec un grand nombre d’habitants de la petite ville d’Aiguèze, selon la méthode employée non loin de là par le Seigneur Gaudonnet.

Leurs représailles féroces et leurs exploits terrifiants semèrent l’effroi dans toute la contrée.
La répression fut terrible : les Tuchins furent chassés et massacrès.
Les cultivateurs n’osaient plus se rendre à leurs champs et de ce fait, les vignes, qui n’étaient plus entretenues et qui étaient déjà dans le pays une des principales cultures, ne purent être taillées de deux ans et les terres tombèrent en friches .

PONS DE BIORDON intenta un procès à tous ceux qu’il accusait d’avoir favorisé directement ou indirectement le Tuchinat.

A partir de ce moment-là, on ne vit plus un Tuchin dans Aiguèze et ses environs, systématiquement ravagés et pillés. Et pour éviter le retour possible d’évènements semblables, les Puissances firent démanteler et réduire à l ‘état de ruines le castel dévasté et incendié lors du siège de 1383. Seules quelques salles et une tour furent conservées pour le presbytère avec les restes de la porte d'entrée (le Portail) qui devint la Maison Commune.

La ruine de son château et la misère générale eurent une répercussion funeste sur les destinées de la petite ville d’Aiguèze. Elle ne se releva jamais de cette crise, tombant brusquement au rang d’un petit village. Le dénombrement de 1384 donne 9 feux pour Aiguèze . Les habitants d’Aiguèze virent leurs impôts augmenter pour reconstruire le village.

Sur le site "Au miroir du Tuchinat Relations sociales et réseaux de solidarité dans les communautés languedociennes à la fin du XIVe siècle" de Vincent Challet, on trouve ce passage qui fait référence à notre village :


"Les modalités selon lesquelles s’exerce le partage du butin révèlent également la solidarité et l’égalité des compagnons entre eux puisque chaque individu ayant participé à une opération donnée reçoit une quantité égale, à l’exception des capitaines qui se voient attribuer une part double. Ce procédé est notamment utilisé en ce qui concerne la répartition du blé trouvé dans le château d’Aiguèze, lorsqu’en septembre 1382 cette puissante forteresse qui domine les bords de l’Ardèche tombe entre les mains des Tuchins. Après un recensement préalable des combattants et des quantités de céréales saisies, les capitaines désignèrent un Tuchin qui savait lire et écrire pour faire la distribution et inscrire sur une liste au fur et à mesure les noms des hommes qui avaient déjà touché leur part. Chaque compagnon qui avait participé à l’assaut d’Aiguèze eut droit à trois salmées de blé tandis que les quatre capitaines et le bayle de Pons Biordon qui avait trahi son seigneur et livré le château aux révoltés se virent attribuer six salmées de ce même blé."

Des documents sur le site : http://www.persee.fr/doc/medi_0751-2708_1998_num_17_34_1418




1767 UNE DERNIERE VOLONTE PAS ORDINAIRE...PAR LE RECATAIRE


1767


Une dernière volonté pas ordinaire...

 Au hasard des recherches dans les fonds notariés anciens, il arrive que l'on tombe sur des actes peu communs. Celui que nous allons découvrir fait partie de cette catégorie et concerne bien entendu directement notre ancienne communauté d'Aiguèze.

 Avant la révolution, et de toute ancienneté, notre paroisse possédait un prieur. Les prieurs faisant partie des personnalités les plus en vue, instruits, ils aidaient bien souvent à la gestion des affaires communes. Leur présence était maintes fois souhaitée pour mener à bien tel ou tel procès ou faire autorité dans les nombreux litiges de la vie courante. Ils étaient généralement originaires de la petite bourgeoisie, pas forcément locale, et de ce fait assez aisés. Ils étaient les bénéficiaires de la dîme, impôt prélevé en nature au moment des récoltes, ce qui leur valut une animosité féroce au moment de la révolution... Mais les prieurs n'étaient pas des personnes détestables, bien au contraire, ils étaient souvent aimés et respectés au sein de notre communauté. Ils vouaient, comme en témoignent de nombreux documents, une grande amitié, parfois teintée de paternalisme, envers les âmes dont ils avaient la charge.

 En 1746 Véran-Simon Reyre, originaire semble-t-il de Caderousse, fut pourvu du bénéfice de la paroisse d'Aiguèze en remplacement de Joseph Barbeyrac. Il fut prieur d'Aiguèze jusqu'en 1772. On le trouve, bien entendu, cité dans de nombreux documents. Il tient également, comme il se doit, les registres paroissiaux grâce auxquels on peut reconstituer les familles d'alors.

 En 1767, voyant sa santé chancelante, il décide alors de passer devant le notaire de St Julien de Peyrolas pour lui dicter ses dernières volontés. Ce dernier se rendit donc au presbytère d'Aiguèze le 19 décembre de cette année là, accompagné de six aiguezois faisant office de témoins. Devant tout ce beau monde notre prieur dicta un des plus long testament qu'il m'ait été donné de rencontrer durant mes recherches: seize pages de volontés, lesquelles sont d'un grand intérêt pour l'étude des mœurs d'alors.

 Voulant montrer son profond attachement à notre petit village, Véran-Simon Reyre légua toute sa fortune afin d'établir une école de jeunes filles à Aiguèze. Mais laissons ici la place à ses volontés telles qu'ils les a dictées...

 En premier lieu le testateur charge sa sœur, habitant Caderousse, de donner annuellement et perpétuellement la quantité d'une salmée de blé, moitié seigle et moitié touselle, qui sera convertie en pains et distribuée aux douze plus pauvres familles d'Aiguèze. Cette distribution se fera par portions égales sans distinction ou préférence.

 Suit, textuellement: " Et ledit testateur voulant des marques de sa bienveillance et de son attachement à la communauté d'Ayguèze par l'endroit qu'il croit le plus nécessaire car elle se trouve pauvre et hors d'état de remplir l'objet qu'il a eu de tout temps, a institué en tous ses biens une école de charité qui sera établie à perpétuité au dit lieu, laquelle école aura pour objet l'éducation gratuite des filles originaires d'Ayguèze, et de celles de Laval St Roman dont les familles sont sujettes à la même dismerie et tailhabilité "

 Un peu plus loin suivent les clauses, certaines font sourire aujourd'hui, mais montrent bien la rigueur qui était de mise à cette époque.

" Pour remplir la fonction et charge de la dite école et tirer les rentes et revenus, il sera choisi une fille, de la capacité, intégrité, sagesse, piété et vertu convenable, elle ne pourra être destituée que dans le cas où elle s'écartera de la conduite et devoirs prescrits, et si elle devient infirme on pourra lui donner une aide de la même qualité et mêmes talents et vertus"
  
" La fille exerçant l'école sera tenue de s'habiller d'une manière modeste et simple, convenable à l'état d'humilité qu'elle embrasse et ne pourra porter que des robes noires en laine toutes saisons.

Elle fera l'école deux fois le jour, ne pouvant donner qu'un seul jour de vacance par semaine fixé au jeudi, à l'exception du temps des vers à soie où elles pourront prendre trois semaines de vacances..."
  
"L'école s'ouvrira par la prière du matin et finira chaque soir par la prière du soir qui sera suivie d'un déprofondi que les écolières diront avec la maîtresse pour le repos de l'âme du donateur..."

 "La dite maîtresse enseignera de son mieux à lire en français et en latin et à écrire, leur apprendra à coudre comme ont besoin les gens de la campagne, les instruira du respect et soumission qu'elles doivent à leurs pères et mères, de la charité qu'elles doivent à leurs inférieurs..."
  
"Il est expressément prohibé à la maîtresse de recevoir, loger et donner à manger dans la maison à aucun homme, religieux ou séculier, de quelques conditions qu'il puisse être et d'y souffrir aucune danse, même entres filles, sous peine d'être destituée sans que cette peine ne puisse être changée..."
  
"Ladite maîtresse et ses succédantes à perpétuité seront obligées de tenir une conduite exempte de tout reproches et en cas qu'elles commettraient quelques fautes notables et scandaleuses elles seront destituées sans forme ni figure de procès..."
  
"Il sera fait tous les ans par le prieur en place accompagné des consuls une vérification exacte des meubles et effets pour voir s'ils sont en bon état et du même nombre et même qualité..."
  
" Ledit Sieur fondateur exhorte la dite maîtresse d'attirer les écolières et autres filles du lieu dans la dite maison les jours de fête et les dimanches et les sortir par là de la compagnie mondaine..."
  
"Et afin de commencer son projet il a choisi pour exercer la fonction de maîtresse Delle Thérèse Ramière, fille de Sieur Guillaume, en laquelle il connait la capacité, vertu, piété et autres qualités et talents convenables..."

 On en restera sur les clauses les plus remarquables, l'acte s'étalant sur d'autres facettes plus juridiques qui vous seront épargnées...

Un petit mot au sujet de Thérèse Ramière, la première institutrice choisie. Celle-ci naquit en 1740 dans notre petit village, et semble avoir été extrêmement appréciée par tous les aiguezois. Décédée très jeune en 1769, le prieur note sur son registre que son inhumation se fit " En présence de toute la paroisse qui fondait en larmes d'avoir perdu un si bon sujet, qui éduquait les filles de la paroisse avec beaucoup de succès "
  
Voilà pour la petite histoire locale, pour ces moments qui se perdent très vite dans le tourbillon de la vie mais qu'il est parfois plaisant de se souvenir...

 Lou Recataïre




 "Le 10 avril 1769 sépulture de Delle Thérèse Ramière"

samedi 11 juin 2016

LE RECATAIRE NOUS DÉVOILE LA "BAUME DES BAUX"




1734   LA BAUME DES BAUX
 Une bergerie pas commune


 Baume d'Antoine Heraud du mas des Roches, située à Las Ondes sise aux Baux






On ne trouve citées sur le compoix de 1734 que deux grottes, ou baumes, situées sur le territoire de l'ancienne communauté d'Aiguèze. La première, bien connue de tous les préhistoriens pour abriter de célèbres gravures rupestres, ne nous intéressera pas ici. Nous allons plutôt, pour une fois, nous pencher sur la seconde cavité citée dans notre document du 18ème.
  
Tout d'abord il faut préciser que, s'il n'y a que deux abris naturels couchés sur ce document d'imposition, c'est qu'il s'agit de propriétés appartenant à des particuliers. Toutes les autres grottes, situées sur le territoire qui nous intéresse, appartenant à la communauté...
  
Cette seconde baume citée, sur laquelle nous allons nous pencher, était la propriété en 1734 d'Antoine Heraud. Celui-ci résidait aux "Granges des Roches". Ce lieu, qui est devenu aujourd'hui "Les Granges", est un petit hameau entre St Martin et Sauze.
  
Localisation et toponymie: Cette baume, qui est en réalité un abri sous roche, se trouve au lieu anciennement appelé "Las Ondes". Ce lieu est situé au quartier, également appelé à cette époque reculée, "Les Baux" (face au hameau de Sauze). Sur le cadastre de 1830 ces anciens toponymes disparaissent, on trouve à la place "La Jouanade et le Jet" et sur le cadastre actuel "La joannade et le Jel". Jel étant bien sûr une erreur grossière commise par un préposé au cadastre (On trouve aussi "Joanade et le Fet"). L'appellation "Jet", qui a donné notre "Giet", est en réalité un lieu, situé en bordure de falaise, duquel les bucherons jetaient leurs charretées de bois. Ce bois était ensuite récupéré par les bateliers du Borian ou de St Martin, puis transporté vers quelques villes en aval de la rivière...
  
Les propriétaires: Tout le travers avec les droits s'y rattachant, depuis le Borian jusqu'au "Serre de Ribeyrol", appartenaient avant le 15ème siècle à la famille De Sabran.

Le 4 mai 1430, par acte reçu par Me Guillaume Le Bègue, notaire à Pont-St-Esprit, Anthoine De Sabran vends ce terroir à la communauté d'Aiguèze pour la somme de 40 florins.

On trouve un acte de 1460 où la communauté stipule qu'il est fait interdiction aux habitants "de ne couper aucun bois pour leur chauffage au Deves appelé les Baux".

Aucun document ne permet de citer un propriétaire particulier pour la baume qui nous intéresse avant le 18ème siècle. Comme on a pu le voir, les plus anciens propriétaires privés sont de la famille Heraud du mas des Roches.

En 1830 c'est François Vendéol qui en sera l'heureux propriétaire, la parcelle de plus de 5000m² est cadastrée en A106 et désignée comme pâture. La Baume n'est pas spécifiée car n'augmentant pas le revenu.

Au début du 20ème siècle cette parcelle, comme toutes les autres attenantes, seront "confisquées" pour satisfaire un projet de barrage. La famille Ventajol qui possédait là une parcelle assez conséquente, ne put s'offrir avec la somme octroyée, qu'une concession au cimetière du village...

L'abri sous roche: On rencontre très souvent sur notre commune, le long des gorges, des cavités aménagées en bergerie. Mais il n'est pas courant, et même très rare, de trouver un abri naturel cité sur un ancien cadastre. C'est, à vrai dire, à cette rareté que cet article est dédié.

Cet abri est une longue avancée rocheuse qui, une fois aménagée, permit d'en faire une bergerie à moindre frais. Un long mur en pierres sèches fut édifié sur le pourtour pour créer une zone fermée interdisant la fuite du bétail. La surface utile ainsi obtenue était d'environ 30m². Il est utile de préciser que jusqu'au 19ème siècle le loup sévissait sur notre commune, et qu'une bergerie était de toute nécessité pour autoriser un juste repos au berger... Cette bergerie s'ouvrait sur une grande parcelle complantée en 1734 de vignes et d'oliviers, parcelle qui sera désignée comme pâture au 19ème. On trouve encore aujourd'hui sur ce terrain et ceux attenants quelques vestiges d'oliviers qui mériteraient d'être dégagés...



Voilà pour cet aperçu sommaire d'une parcelle pas commune, située sur notre territoire, mais qui, suite au partage des bois au 19ème, se trouve aujourd'hui englobée dans les biens privés de la commune de St Martin... Et c'est bien dommage...






Lou Récataïre