vendredi 13 janvier 2017

VENDANGES CHEZ MES PARENTS ENTRE 1950 et 1960

On peut reconnaître sur cette photo prise dans les années 50/60 (je pense en 1953) outre mes parents, la mamé ZANI, Adrien NELAUPE, les époux FONTANILLE, un Ardéchois de St FORTUNAT (pays de ma mère) : René CRUMIERE .

mardi 10 janvier 2017

1560 QUAND UN VOLQUE ÉPOUSAIT UNE HELVIENNE (par Lou RECATAIRE)

Évidemment le titre se veut un peu racoleur, au 16ème siècle il y a belle lurette que les Volques Arécomiques ne faisaient plus rire personne et que les Helviennes n'attiraient plus foule au forum d'Alba. Néanmoins les limites territoriales sont respectées et il n'était pas fréquent qu'Aiguezois prenne épouse en l'évêché de Viviers. Il faut dire qu'entre les deux, l'Ardèche était un obstacle qu'il coûtait de traverser. Les passeurs de St Martin et du Bordelet veillaient au grain et les eaux souvent glaciales avaient de quoi refroidir les ardeurs de jeunes gens en quête de sentiments.

Nous allons découvrir ici un Aiguezois qui ne devait pas plaindre la pièce au passeur, ou qui, peut-être, fut un excellent nageur...



Jehan Cabassut, puisque c'est de lui dont il s'agit, naquit à Aiguèze vers 1530. Les documents taisent le nom des parents, mais, vu qu'il n'y avait à cette époque qu'une seule famille porteuse du nom, il est aisé de le rattacher à Pons Cabassut. Celui-ci, né vers 1500, figure en bonne place sur le compoix de 1545 et résidait dans la Grand-Rue. C'était une famille assez aisée au vu de la tenure dont elle était chargée. Plusieurs vignes et terres à semer situées à la Boucouse, la Rouvière et croix de Trescouvieux composent le domaine.



Travailler la terre était une bonne chose pour nourrir la maisonnée, mais bien marier ses enfants était une nécessité pour que perdure l'affaire. Ainsi, arrivé à l'âge de reprendre les rennes de la propriété, il fut cherché une épouse au jeune Jehan. Trouver un bon parti était presque une loi naturelle, mais cette époque imposait d'épouser gens de son rang. Il existait tout un réseau de personnes très au courant des jeunes gens à marier. Les prêtres, les marchands, tous ceux qui allaient et venaient à travers le territoire étaient très au fait de la chose... C'est ainsi que fut présenté à Jehan l'idée de prendre femme en la paroisse de Gras. Celle-ci ayant le bon âge, la bonne dot devait forcement lui convenir !



Gras est aujourd'hui une petite commune située dans le département de l'Ardèche. Elle n'est séparée d'Aiguèze, à vol d'oiseau, que d'une quinzaine de kilomètres. Malheureusement, sans les plumes, c'est près de quarante kilomètres qu'il faut parcourir pour y parvenir. Quand on songe aux chemins d'alors, on comprendra qu'il fallait de très bonnes raisons pour s'y rendre !


 Eglise de Gras bâtie en 1652, le mariage eut certainement lieu à Notre Dame du Ranc, 
église aujourd'hui détruite



De bonnes raisons, les Cabassut en avaient. En effet, l'épouse qui lui avait été choisie, appartenait à une bonne famille de Gras, bien connue et bien assise. L'oncle, et ce n'est pas un hasard, était prêtre, et on peut raisonnablement penser qu'il était l’instigateur du projet. Cette famille qui se nommait Delauzun (De Leuzu dans les textes) résidait depuis toujours au mas du même nom, tant et si bien que l'on ne se souvenait plus très bien si c'était la famille qui avait donnée le nom au mas ou vice-versa.



Toujours est-il qu'en cette froide journée du 13 janvier 1560, Jehan Cabassut, accompagné de son beau-père (son père étant décédé depuis quelques années) de Mathieu Roche et de quelques autres aiguezois non nommés, pris le chemin de Gras pour retrouver, si ce n'est sa possible bien-aimée, du moins sa promise. Après avoir traversé la rivière d'Ardèche au « bateau du moulin du port », monté par le chemin des Alliberts, affronté le froid sur la grande plaine de Bidon, d'Aurelles et autres lieux-dits inhospitaliers, les voici enfin arrivés au fameux mas. Là, dans la ferme familiale, entres les murs séculaires qui en avaient vu bien d'autres, les attendaient impatiemment tous les membres de la famille Delauzun, sans oublier les amis et alliés. Une personne essentielle était également présente, quelqu'un qui avait fait spécialement le déplacement depuis le Bourg-St-Andéol pour coucher sur papier toutes les promesses du mariage : Claude Ganhat, notaire de son état. C'est grâce à lui que toute l'histoire qui s'étale sous vos yeux a perduré malgré les siècles écoulés.

Après les salutations et présentations d'usage, et peut-être aussi après une collation bien méritée, tout ce beau monde se trouva réuni dans la salle principale afin de rédiger les clauses du mariage. Ces clauses sont très importantes pour connaître les mœurs d'alors et le niveau social des parties. Thonie Delauzun, car c'est ainsi que se nommait la future, se tenait près de Jehan. On ignore dans quelle mesure ils se connaissaient déjà, très certainement qu'ils s'étaient rencontrés quelques fois, mais aucun écrit ne permet de confirmer l’hypothèse .



Gonnet Delauzun, père de la mariée, et Mathieu Delauzun son oncle, « ayant le présent mariage agréable », énumérèrent les biens composant la dot. Claude Ganhat lu à haute voix ces volontés afin que tous en fussent témoins. Cette fameuse dot la voici :

  • En premier lieu il fut donné à la mariée la somme de 38 livres tournois.
  • Plus « deux robes nuptiaulx drap boutique ».
  • Plus « une robe drap maison ».
  • Plus « une coverte layne bonne et suffisante » (couverture de laine).
  • « Deux linseulz » (draps).
  • « Ung pourchet » (un cochon).
  • « Demy quintal beuf » (environ 25kg viande de bœuf ».
  • « Deux barrals vin pur » (environ 100 litres).
  • « Quatre fèdes garnydes » (quatre brebis pleines).
  • « Une chièvre garnyde » (une chèvre pleine).
  • « Deux cestiers blé froment » (mesure très variable suivant les localités)
  • « Cinq cestiers blé mescle »
  • 5 livres tournois payables sur cinq ans à raison de 20 sous par an à chaque fête de Notre Dame de février.

Thonie dut, en contrepartie, faire la promesse de ne plus jamais rien demander d'autre à ses parents. Du moins c'est la formule de rigueur employée ici. Quant à Jehan Cabassut il fut tenu d'assurer la dite dot sur tous ses biens le cas de restitution advenant. Cette restitution arrivait en cas de décès prématuré de l'épouse, auquel cas ses proches s'empresseraient de l'obtenir par toutes voix de droit (On rencontre de nombreux procès traitant la cause).



La noce eut très certainement lieu le jour même en l'église de Gras, les registres conservés qui auraient pu nous renseigner ne débutant qu'en 1565. Même si les noces d'alors n'avaient pas l'éclat qu'on leur donne aujourd'hui, on peut supposer quelques petites réjouissances dans la cour du mas. On imagine également les pleurs de la mariée et de ses proches qui allaient la voir quitter la maison familiale pour toujours. Les adieux approchaient, Thonie jetterait un dernier regard, la gorge serrée, sur ce paysage si familier qu'elle n'avait jamais quitté et qu'elle ne reverrait probablement plus.



Le retour fut plus contraignant que l'aller. En effet, même si l'on ignore si la dot fut emportée dans sa totalité ce jour là, très certainement qu'une partie de celle-ci fit partie du voyage. Beau tableau que cette petite troupe qu'accompagnent chèvre, moutons, cochon et ânes chargés de mescle, froment et vin pur. Il fallut de très longues heures de marche, au travers ce plateau dénudé, parsemé de quelques cades que pliait un froid mistral, avant, qu'enfin, la tour moyenâgeuse d'Aiguèze se dessinât au loin.

A leur vue, le fermier du bateau de St Martin se frotta les mains, plusieurs allers-retours furent nécessaires pour traverser ce petit monde. Quant à Thonie, elle n'avait jamais vécu pareille aventure, probablement même que c'était la première fois qu'elle voyait la rivière d'Ardèche.



L'entrée dans Aiguèze ne passa pas inaperçu. Nombreux habitants étaient là pour les féliciter, lesquels les accompagnèrent certainement jusqu'à la nouvelle demeure de Thonie. La pauvre mariée se voyant enfermée dans cette mauvaise rue étroite, ombragée et balayée par un vent glacial, ne pouvait que regretter amèrement le mas familial perdu au milieu d'une plaine ensoleillée.

J'aimerais vous dire qu'ils furent heureux, entourés par une ribambelle d'enfants, mais les contes s'écrivent plus facilement qu'ils ne se réalisent. Les documents font malheureusement défaut pour vous conter la suite de l'histoire. Mais, les guerres de religions qui arrivaient à grands pas, la peste qui fit de gros dégâts, sont les deux maux de cette fin de siècle, lesquels firent de grands ravages dans la population aiguezoise. Non, Jehan et Thonie ne furent certainement pas très heureux, mais, on n'en doute pas, très souvent ils devaient repenser à leur rocambolesque traversée de la plaine des Gras, quand le cochon s'écartait de la draille et que les brebis voulaient s'en retourner à la bergerie.



Lou Récataïre

précisons que les Volques sont des populations de culture celtique et ibérique du sud de la Gaule. On distingue les Volques Tectosages situés en Languedoc occidental (à l'ouest du fleuve Hérault), des Volques Arécomiques en Languedoc oriental.

mercredi 4 janvier 2017

TRADUCTION DU TEXTE DU RECATAIRE ECRIT EN PROVENÇAL (traduit par Charles BASCLE)

Beaucoup de gens bien dévots qui vont à l’église, se font tirer l’oreille quand dans les grandes occasions il faut donner une pièce à Monsieur le Curé.

Le fils Jaqué, que l’on nomme « Tétin » se maria au retour de la guerre avec la Louise BOURNICHET. Après la cérémonie, quand les mariés eurent reçu les félicitations dans la sacristie, Tétin offrit une boite de dragées  au curé et demanda : monsieur le Curé  combien je vous dois ? Ce que tu voudras mon enfant ; où plutôt ce que tu pourras ! Ici il n'y a que  des gens de paix.

Très bien monsieur le Curé je suis un honnête homme et je vais vous remettre ce qu’il me reste du billet que j’ai fait changer ce matin. Vous savez ce n’est pas croyable tous les frais qu’il faut faire pour une femme !! Et le Tétin de retourner ses poches une après l’autre, de fouiller sa veste son porte-monnaie, son  pantalon, et  voilà  Tétin qui pose sur la table de la sacristie six sous doubles et un sous simple soit treize sous.

Ça fera ? C’est quand même une belle somme treize sous pour un mariage !! Et il paya disant « quand on fait ce qu’on peut on fait ce qu’on doit » tant pis pour le bas de soie. Que le bon Dieu te le rende dit le Curé
                                          
Trois mois plus tard le Curé s’en retournait de voir un malade en lisant son bréviaire quand il rencontra notre ami Tétin qui revenait de Barjac.

Bonsoir Monsieur le Curé,  bonsoir Tétin alors ce mariage tu es content ? Ah mon pauvre Monsieur le Curé ne m’en parlez pas, vous ne pouvez pas le croire ! Je me suis bien fait « encougourder » et de première.
                                      
J’aurais mieux fait de me jeter au Rhône le jour où j’ai pris la Bournichette ! Ce n’est pas croyable elle est fainéante comme un chien de dame, gourmande comme un chat, mauvaise langue, dépensière ! Ma vie est un enfer à la maison rien de facile pour moi et chaque fois que je veux lever la langue c’est toujours une bêtise.

Mon pauvre enfant, dit le Curé, je te plains bien de te voir dans cet état. Mais sois un peu patient tout peut s’arranger avec le temps.

Ce brave Curé qui était un peu blagueur, ne put retenir son sourire en rajoutant : « tu dois quand même te méfier, mais  bien entre nous tu en as eu pour tes treize sous !! »


UNE PHOTO PROPOSÉE PAR LE RECATAIRE .

Un bel après-midi d'août 1942 à la "Figuarette", avec de gauche à droite et de haut en bas:
MERCIER Fernand - ARNAUD Jean - CAPMAS Gérard - JOUVE Marcel - CHENIVESSE Roland - MERCIER Paul - FIORINI Elie
ALLAUZEN Renée - JOUVE Georges - ROUMEGUE Marc - SUAU Aimée
SUAU Robert - Un jeune de St Martin - EINAUDI Henri


Certaines personnes restent à identifier...



L'original appartenait à Elie FIORINI, il l'avait communiqué en 2002 pour publication dans "Racines aiguezoises" en précisant qu'elle ferait certainement plaisir à ceux qui sont encore en vie... Publication tardive donc !
Le Recataïre



mardi 27 décembre 2016

LA MAISON PRADIER AU HAMEAU DE BORIAN

Maison Pradier au Borian



Qui n'a pas eu ces sentiments de malaise et d'interrogations quand, au détour d'un sentier, au coin d'une rue ou perdu dans les bois, nous tombons sur les vestiges d'une ancienne demeure ? Les ruines sont comme un cimetière d'émotions disparues à jamais. On y devine les rires des enfants de jadis, la souffrance de vieillards esseulés. On imagine ces jeunes couples affrontant la dureté d'une vie de labeur, donnant vie entre ces pierres aujourd'hui disloquées. Les ruines sont le reflet de la condition humaine, hier magnifiques et chéries, demain oubliées et meurtries.

  
Ce sont les sentiments que l'on ressent quand, à Aiguèze, nous traversons l'ancien hameau du Borian. Malgré une journée radieuse d’été nous conduisant en bordure d’Ardèche, la traversée obligatoire de ces ruines nous interpellent à chaque fois. Qui a vécu ici ? comment vivaient-ils et de quoi ? pourquoi cet abandon général ? Autant d’interrogations qui resteraient sans réponses si les archives communales n’étaient pas là pour nous éclairer !

  
Aujourd’hui nous allons découvrir la maison Pradier, cette maison se trouve le long du sentier conduisant au lieu-dit le Lavoir, elle est la dernière sur la droite, sur le mur de laquelle fut apposé par la mairie un panneau de mise en garde. De cette maison il ne demeure encore debout qu’un pan de mur au rez-de-chaussée ainsi que quelques portions de voûtes au sous-sol. Il est aisé de prévoir que sous peu il ne restera de cette bâtisse qu’un tas de pierres que coloniseront ronces et figuiers.

  

"Entrée principale de la maison Pradier"



Grâce aux documents d’archives nous pouvons retracer son historique depuis la moitié du 16ème siècle jusqu’à aujourd’hui. Quant aux familles qui l’ont occupée, on peut en suivre le cheminement avec exactitude dès la fin du 17ème siècle et jusqu’à son abandon au milieu du 19ème.

  
Mais tout d’abord il faut préciser la raison de l’implantation de ce hameau, hameau se trouvant en bordure d’Ardèche et hors des remparts protecteurs du village d’Aiguèze. Durant de nombreux siècles un bon nombre de familles aiguezoises vivait en grande partie grâce aux revenus que procuraient la pêche et la batellerie. Les différents droits de pêche affermés par les seigneurs locaux et les nombreux baux de transport par bateaux permettaient à ces familles de vivre avec une certaine aisance. Cette vie au bord de l'eau déclina tout au long du 19ème siècle, les nombreux arrêtés régissant la pêche, les transports par voie terrestre devenus plus aisés, eurent raison des derniers irréductibles habitants du Borian.

  
Historique du bâti : Le plus ancien document citant cette maison est le compoix de 1545, elle appartient alors à Jaume Senno et est ainsi désignée  : «  Item une maison et cour a Borrian confronte du levant en ardèche, du couchant au chemin, de l'auré aux patis, du marin au casau de Frances Chabot, contient de maison 7 cannes et mièje et de cour 16 cannes  »

  
A cette époque on note une forte concentration du bâti, pas moins d'une trentaine de maisons peuvent être dénombrées. Une partie de celles-ci sont désignées comme étant en ruines, on devine un premier déclin au début de ce siècle, de nombreux propriétaires ont déjà quitté le Borian pour s'installer à St Martin.

  
Deux siècles plus tard la maison qui nous intéresse est la propriété de Pierre Suau, fils de Jean, elle est ainsi désignée sur le compoix de 1734  :
  
«  Premièrement une maison à Borian, confronte du levant maison et court de Pierre Mercier en partie passage au milieu, du couchant la rue, de bise chazal de Joseph Brun et chazal de Louise Fouguette de Barjac, du marin maison de Louis Suau passage au milieu, contenant en couvert treize cannes et en cours deux, présage un sol deux deniers  »

  
Peu de temps après, les hoirs de Pierre Suau vendent la maison à Firmin Brun. Firmin est bien sur pêcheur et travaille également quelques petits coins de terres non loin de là. Le 6 février 1767 il marie sa fille à Jean Pradier, c'est ainsi qu'on trouve celui-ci chargé de ce bien, dont il avait hérité par sa femme, sur la livrette de 1770. Cette famille Pradier fut la dernière à habiter la demeure au bord de l'eau, nous nous y intéresserons donc d'un peu plus près...

  
Le bâti : C'était une demeure composée de trois niveaux, sur le même modèle que les constructions que l'on trouve couramment dans la partie ancienne du village. Le rez de chaussée est voûté et le premier étage couvert par un plancher aujourd'hui disparu. Du côté du couchant, la déclinaison naturelle du terrain mettait une partie du rez de chaussée en sous-sol. Ces deux niveaux étaient accessible uniquement par l'extérieur, l'entrée principale est toujours visible et donne directement sur la rue publique. A gauche de l'entrée se trouvait encore, il y a peu, une cuve de pierre «  à tenir l'huile  » , cette cuve que l'on nommait anciennement « tine  » est aujourd'hui scellée au bas des escaliers qui donnent accès au Borian. A droite de l'emplacement où se trouvait cette cuve, on aperçoit encore l'ancien garde-manger, celui-ci est implanté dans l'épaisseur du mur et l'on devine l'emplacement des anciennes étagères en bois.

  
Les différences de superficies que l'on note au fil des siècles, proviennent moins d'aménagements successifs que de la multitude de partages, héritages ou mariages que l'on devine durant la longue histoire de cette possession. Au 18ème siècle, la bâtisse est imposée pour environ 50m² en couvert (au sol). Cela peut paraître peu au regard de nos habitations actuelles, mais, pour l'époque, cette superficie est même supérieure à la moyenne... La cuisine était la pièce principale, les inventaires que l'on trouve sous l'ancien régime et qui décrivent avec exactitude tous les ustensiles qui la composent, nous indiquent qu  'elle était bien souvent utilisée comme chambre à coucher. C'est dans la cuisine que se trouvait la cheminée, le maigre feu qui le soir éclairait la pièce servait plus à préparer le repas qu'à réchauffer l'atmosphère. Le bois de chauffage était un luxe et les fagots ramassés étaient le plus souvent vendus pour arrondir les fins de mois.

  
La famille Pradier du mas de Sauze  : On rencontre ce patronyme à Sauze (hameau de St Martin) à la fin du 16ème siècle, il est absent avant cette date sur la paroisse d'Aiguèze (on ne dit pas encore commune). Le plus ancien membre connu de cette famille est Jehan Pradier, on le trouve se mariant en 1572. C'est de ce Jehan que descend directement, deux siècles plus tard, notre Jean qui nous intéresse ici... Nous ne nous attarderons pas sur cette filiation, qui demanderait à elle seule un article à part, pour nous étendre plus en long sur les derniers membres de cette famille.

  
C'est donc durant la seconde moitié du 18ème siècle que Firmin Brun, ayant deux filles à marier, pris pour gendres Jean et François Pradier de Sauze. François, malgré trois unions n'eut aucune descendance. Jean, son frère, qui connaissait bien les métiers de pêcheur et de batelier pour les avoir pratiqués depuis longtemps, vint tout naturellement s'installer de l'autre côté de la rivière pour reprendre les rennes de la petite entreprise familiale.

  
Jean Pradier et Marie Brun, son épouse, donnèrent naissance à quatre enfants dans cette demeure du Borian : Trois filles et un garçon. Ces naissances s'étalent entre 1769 et 1780. Deux des filles quittèrent ce petit hameau mal commode, lors de leur mariage, pour s'installer dans la cité sus-jacente. Le plus jeune des enfants se prénommait également Jean, du prénom de son grand-père, qui, comme de coutume, était également son parrain.

  
Ce dernier Jean, naquit au Borian le 24 mai 1772 et fut baptisé le lendemain en l'église de St Martin. Les habitants du Borian avaient en effet l'obligation de célébrer tous les grands événements religieux en l'église de St Martin comme appartenant à cette paroisse. On imagine tous ces enfants en très bas âges, chargés dans quelques barques et traversant en toutes saisons les eaux parfois glacées, sous une bise du diable !

  
Jean avait pour surnom «  Jeannot  », le surnom étant bien souvent noté sur les documents officiels car permettant de différencier plusieurs membres d'une même famille. Grâce à son ordre de réquisition du 19 pluviose an 4 on peut connaître sa morphologie  : «  Taille 5 pieds, cheveux et sourcils châtain tirant sur le noir, yeux gris, nez un peu gros, bouche moyenne, menton et visage rond  ». En 1802 on trouve Jeannot se mariant avec Rose Rouvier, le couple s'installa tout naturellement dans la maison du Borian. Une nouvelle fois, car l'histoire n'est qu'un perpétuel recommencement, de nouveaux enfants allèrent voir le jour dans cette maison au bord de l'eau. Neuf naissances auront lieu entre 1802 et 1816, dont quatre décéderont en bas âge... La mort étant à cette époque un événement omniprésent  ! Jeannot décèda à son tour en 1848, veuf depuis huit années.

  
L'aîné de cette famille se prénommait, comme il se devait, Jean  ! (sixième du nom...) Il fera partie des derniers habitants du Borian, y étant né en 1802, il y décèdera en 1860. Toutefois, la dernière naissance de la famille Pradier au Borian est enregistrée le 16 mars 1878. Il s'agit de Rosine-Euphrosine, qui épousera en 1899 Marius Dumas...


Peu après cette date les Pradier quitteront le Borian, les filles par mariage, les garçons par des occupations plus valorisantes que la pêche. Le hameau abandonné tombera en ruines au fil des ans. Les propriétaires viendront ici récupérer tuiles, poutres et planches. Les tines, trop lourdes, garderont seules les murs à présent dénudés, murs qui petit à petit disparaîtront, emportant les rires et les pleurs qui les ont si longtemps habité...

  
 "La tine de Jean Pradier"




Lou Récataïre 

lundi 26 décembre 2016

UN DOCUMENT DU RECATAIRE

Didier nous communique ce document :

Ci-joint un conte en "patois" qui se racontait souvent durant les veillées aiguezoises... Cette copie date des années 40 ou 50 et se trouvait dans des papiers familiaux.

Si quelqu'un connaît l'auteur de ce texte, ou veut en faire une traduction en Français. On est preneur. Vous pouvez utiliser la rubrique "commentaires".



lundi 12 décembre 2016

LES TRÉSORS CACHES ET DONC AUTO PROTÉGÉS DES BOIS D'AIGUEZE


20 participants se sont retrouvés sur la piste des mégalithes aiguézois, que beaucoup n'ont jamais vus et qui s'offrent calmement à la visite de ceux qui savent les débusquer : Didier le récataïre et Charly, qui ont réfléchi à leur histoire, qui ont étudié les ouvrages de RAYMOND ou LE PAPE entre autres et qui acceptent de vous en dire plus à condition que vous participiez à leur protection !


Après quelques enjambées sur le DFCI de LAVAL, un véritable tapis d’autoroute pour permettra aux soldats du feu de protéger la forêt des incendies mais qui ouvre aussi l'espace vert à tous véhicules pas toujours protecteurs de la nature, on tombe sur la "perle" du jour !




Le Pié de Mounié est un dolmen néolithique situé sur la commune d'Aiguèze, dans le département du Gard. Il est classé monument historique par arrêté en 1889.
On l'appelle aussi le Pé de l'Aigo



Autre dolmen dans la même zone du Pé de l'Aïgo (la patte de l'aigle) moins bien conservé que le Pié de Mounié.





Le récataïre a préparé une documentation pour que la visite soit une découverte pédagogique basée sur des faits historiques. 


En route vers le 3e dolmen de la rando : pause de regroupement devant la "cabane des chasseurs" de sangliers des Canyons "la Baïte des canyons".


Tout petit celui-là mais bien conservé et bien "planqué".


Tous n'ont pas eu cette chance d'échapper aux aléas de la vie "dure" pourtant d'un mégalithe. On reconnaît tout juste les pierres plates latérales couchées dans les restes du tumulus.



En route vers la prochaine découverte par un petit sentier à travers les chênes verts et autres plantes de la garrigue.


Tiens ! Obélix a oublié quelques chose ! Un MENHIR couché se repose depuis pas mal de temps !



Un autre dolmen situé à l'intersection des trois communes , un mégalithe intercommunal "le DOLMEN INDIVIS" que Charles BASCLE ambitionne avec l'aide de la DRAC de consolider .



UN moment tant attendu par certains : le pique-nique sur une nappe rocheuse très accueillante et bien dans le thème de la pierre et de la roche. Un moment de partage à "sacs ouverts".




On repart en croisant une battue où le plat favori d'OBELIX n'est pas à la fête ! 
On "tombe" sur une construction imposante et inattendue : la MAISON FORESTIÈRE DU GRAND AVEN (dans les bois AIGUEZOIS cédés à St MARTIN dans les années 1790 !)








Riche de gravures pariétales mais contemporaines. Comme quoi la pierre verticale a toujours attiré l'ambition de l'homme de laisser sa trace tant à l'époque Préhistoire (gravures ou peintures rupestres) que contemporaine (signature souvenir) ou actuelles (tags).   


Regroupement à une croisée de chemins.



Enfin le grand MENHIR aiguézois du PIE DE MOUNIE toujours dans la même position couchée lui qui n'a peut-être même jamais été érigé !



trois adultes peuvent y faire la sieste, ce qui donne une idée de sa hauteur (qui devient alors une longueur !)


QUELQUES IMAGES DE Daniel GRIMAUD qui viennent de nous parvenir :


Un coup de cœur pour celle-là : les dieux celtes nous saluent par ce jeu de lumières qui évoquent peur-être les rayures du costume d'OBELIX !


Assis sur la table pour manger !






EN CONCLUSION : Il existe deux types de mégalithes :

http://www.cap-concours.fr/enseignement/preparer-les-concours/les-epreuves-du-crpe/dolmens-et-menhirs-temoins-d-une-religion-mas_his_02

◾les menhirs, qui signifient en breton « pierre (men) longue (hir) ». Ce sont des pierres dressées, fichées dans la terre. Certains sont isolés, comme celui de Locmariaquer en Bretagne, le plus haut de tous : aujourd'hui brisé, il atteignait 20 mètres de hauteur et pesait 350 tonnes. Les menhirs sont souvent regroupés et disposés soit en cercles, les cromlechs (à Stonehenge, en Angleterre), soit en alignement (à Carnac, en Bretagne). À Carnac précisément, plus de 3 000 menhirs dessinent trois grandes avenues.


◾les dolmens, qui signifient en breton « table (dol) de pierre (men) ». Ils servent de tombeaux. Deux grosses pierres, fichées à la verticale dans le sol, sont couvertes d'une dalle qui forme la toiture. Cette construction constitue la chambre funéraire. À l'origine, elle était recouverte de terre et de pierre et formait un tertre, le cairn. Dans certains sites, on accède à cette salle (dont il ne reste aujourd'hui que la structure) par un couloir de pierres.