mardi 21 juin 2016

1767 UNE DERNIERE VOLONTE PAS ORDINAIRE...PAR LE RECATAIRE


1767


Une dernière volonté pas ordinaire...

 Au hasard des recherches dans les fonds notariés anciens, il arrive que l'on tombe sur des actes peu communs. Celui que nous allons découvrir fait partie de cette catégorie et concerne bien entendu directement notre ancienne communauté d'Aiguèze.

 Avant la révolution, et de toute ancienneté, notre paroisse possédait un prieur. Les prieurs faisant partie des personnalités les plus en vue, instruits, ils aidaient bien souvent à la gestion des affaires communes. Leur présence était maintes fois souhaitée pour mener à bien tel ou tel procès ou faire autorité dans les nombreux litiges de la vie courante. Ils étaient généralement originaires de la petite bourgeoisie, pas forcément locale, et de ce fait assez aisés. Ils étaient les bénéficiaires de la dîme, impôt prélevé en nature au moment des récoltes, ce qui leur valut une animosité féroce au moment de la révolution... Mais les prieurs n'étaient pas des personnes détestables, bien au contraire, ils étaient souvent aimés et respectés au sein de notre communauté. Ils vouaient, comme en témoignent de nombreux documents, une grande amitié, parfois teintée de paternalisme, envers les âmes dont ils avaient la charge.

 En 1746 Véran-Simon Reyre, originaire semble-t-il de Caderousse, fut pourvu du bénéfice de la paroisse d'Aiguèze en remplacement de Joseph Barbeyrac. Il fut prieur d'Aiguèze jusqu'en 1772. On le trouve, bien entendu, cité dans de nombreux documents. Il tient également, comme il se doit, les registres paroissiaux grâce auxquels on peut reconstituer les familles d'alors.

 En 1767, voyant sa santé chancelante, il décide alors de passer devant le notaire de St Julien de Peyrolas pour lui dicter ses dernières volontés. Ce dernier se rendit donc au presbytère d'Aiguèze le 19 décembre de cette année là, accompagné de six aiguezois faisant office de témoins. Devant tout ce beau monde notre prieur dicta un des plus long testament qu'il m'ait été donné de rencontrer durant mes recherches: seize pages de volontés, lesquelles sont d'un grand intérêt pour l'étude des mœurs d'alors.

 Voulant montrer son profond attachement à notre petit village, Véran-Simon Reyre légua toute sa fortune afin d'établir une école de jeunes filles à Aiguèze. Mais laissons ici la place à ses volontés telles qu'ils les a dictées...

 En premier lieu le testateur charge sa sœur, habitant Caderousse, de donner annuellement et perpétuellement la quantité d'une salmée de blé, moitié seigle et moitié touselle, qui sera convertie en pains et distribuée aux douze plus pauvres familles d'Aiguèze. Cette distribution se fera par portions égales sans distinction ou préférence.

 Suit, textuellement: " Et ledit testateur voulant des marques de sa bienveillance et de son attachement à la communauté d'Ayguèze par l'endroit qu'il croit le plus nécessaire car elle se trouve pauvre et hors d'état de remplir l'objet qu'il a eu de tout temps, a institué en tous ses biens une école de charité qui sera établie à perpétuité au dit lieu, laquelle école aura pour objet l'éducation gratuite des filles originaires d'Ayguèze, et de celles de Laval St Roman dont les familles sont sujettes à la même dismerie et tailhabilité "

 Un peu plus loin suivent les clauses, certaines font sourire aujourd'hui, mais montrent bien la rigueur qui était de mise à cette époque.

" Pour remplir la fonction et charge de la dite école et tirer les rentes et revenus, il sera choisi une fille, de la capacité, intégrité, sagesse, piété et vertu convenable, elle ne pourra être destituée que dans le cas où elle s'écartera de la conduite et devoirs prescrits, et si elle devient infirme on pourra lui donner une aide de la même qualité et mêmes talents et vertus"
  
" La fille exerçant l'école sera tenue de s'habiller d'une manière modeste et simple, convenable à l'état d'humilité qu'elle embrasse et ne pourra porter que des robes noires en laine toutes saisons.

Elle fera l'école deux fois le jour, ne pouvant donner qu'un seul jour de vacance par semaine fixé au jeudi, à l'exception du temps des vers à soie où elles pourront prendre trois semaines de vacances..."
  
"L'école s'ouvrira par la prière du matin et finira chaque soir par la prière du soir qui sera suivie d'un déprofondi que les écolières diront avec la maîtresse pour le repos de l'âme du donateur..."

 "La dite maîtresse enseignera de son mieux à lire en français et en latin et à écrire, leur apprendra à coudre comme ont besoin les gens de la campagne, les instruira du respect et soumission qu'elles doivent à leurs pères et mères, de la charité qu'elles doivent à leurs inférieurs..."
  
"Il est expressément prohibé à la maîtresse de recevoir, loger et donner à manger dans la maison à aucun homme, religieux ou séculier, de quelques conditions qu'il puisse être et d'y souffrir aucune danse, même entres filles, sous peine d'être destituée sans que cette peine ne puisse être changée..."
  
"Ladite maîtresse et ses succédantes à perpétuité seront obligées de tenir une conduite exempte de tout reproches et en cas qu'elles commettraient quelques fautes notables et scandaleuses elles seront destituées sans forme ni figure de procès..."
  
"Il sera fait tous les ans par le prieur en place accompagné des consuls une vérification exacte des meubles et effets pour voir s'ils sont en bon état et du même nombre et même qualité..."
  
" Ledit Sieur fondateur exhorte la dite maîtresse d'attirer les écolières et autres filles du lieu dans la dite maison les jours de fête et les dimanches et les sortir par là de la compagnie mondaine..."
  
"Et afin de commencer son projet il a choisi pour exercer la fonction de maîtresse Delle Thérèse Ramière, fille de Sieur Guillaume, en laquelle il connait la capacité, vertu, piété et autres qualités et talents convenables..."

 On en restera sur les clauses les plus remarquables, l'acte s'étalant sur d'autres facettes plus juridiques qui vous seront épargnées...

Un petit mot au sujet de Thérèse Ramière, la première institutrice choisie. Celle-ci naquit en 1740 dans notre petit village, et semble avoir été extrêmement appréciée par tous les aiguezois. Décédée très jeune en 1769, le prieur note sur son registre que son inhumation se fit " En présence de toute la paroisse qui fondait en larmes d'avoir perdu un si bon sujet, qui éduquait les filles de la paroisse avec beaucoup de succès "
  
Voilà pour la petite histoire locale, pour ces moments qui se perdent très vite dans le tourbillon de la vie mais qu'il est parfois plaisant de se souvenir...

 Lou Recataïre




 "Le 10 avril 1769 sépulture de Delle Thérèse Ramière"

samedi 18 juin 2016

LES JOURNEES DU PATRIMOINE DE PAYS "LE PATRIMOINE CACHE" PAR RACINES AIGUEZOISES A CONNU UN SUCCÈS SANS PRECEDENT


Beaucoup de monde pour visiter les ressources patrimoniales "cachées" de notre commune. L'association Racines aiguézoises" avait ouvert les lieux privés ou difficiles d'accès grâce aux propriétaires et aux bénévoles de l'association qui ont préparé les lieux pour la visite et reçu les visiteurs toute l'après-midi jusqu'à ce qu'une forte pluie mette fin à l'opération une heure avant le terme prévu.

De 65 visiteurs pour la salle du conseil (Buste de Marianne, plaque émaillée des poilus morts pour la France en 14/18, ancien cadastre) aux 350 visiteurs de l'Eglise en passant par les 98 qui ont grimpé jusqu'au clocher, tous les points de rendez-vous ont été investis et ont ravi les visiteurs qui en redemandent !


Jean-Jacques et Françoice au moulin ARNAL


Jeannot dans l'Eglise


Pierrette dans la salle Jeanne d'Arc


Le Président Charly dans la salle du Conseil


Roland au sommet du clocher


Evelyne dans l'entrée de l’ancienne auberge Sarrasine


 Lili et Damien dans la chapelle de Mgr FUZET (maison FRUTON)

N'apparaissent pas : Jean NGUYEN et Pierre BASCLE (sécurisation de l'accès au clocher) Marie-Agnès (salle Jeanne d'Arc, liaison entre les différents lieux d'accueil et reportage photo).


QUELQUES VUES DES LIEUX EMBLÉMATIQUES DE NOTRE VILLAGE OUVERTS A LA VISITE EXCEPTIONNELLEMENT CE JOUR-LA :

L'EGLISE :


LE MOULIN ARNAL : décoré et pimpant grâce à Jean-Jacques et son épouse Françoise. 


LA SALLE JEANNE D'ARC



LE CLOCHER



L'ANCIENNE AUBERGE SARRASINE


LA SALLE DU CONSEIL MUNICIPAL


 Merci aux propriétaires qui nous ont confié ces lieux pour les ouvrir au public, merci aux bénévoles qui se sont occupés de leur atelier (ménage anti poussière et décoration, documentation et restitution des infos) à la mairie qui nous a autorisés à accéder au clocher et à la salle du conseil.

Chacun était satisfait du bon déroulement de l'opération et prêt à la renouveler.

mardi 14 juin 2016

STATISTIQUES DE FREQUENTATION DU BLOG DU 17 MAI 2016 AU 15 JUIN 2016 8h

RACINES AIGUEZOISES  ·  Statistiques  du Mois (par BLOGSPOT)
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07 06 1664 5
09 06 1700 36 ( 2 jours
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lundi 13 juin 2016

UNE NOUVELLE AQUARELLE PROPOSÉE PAR Claude MEUNIER ET TOUJOURS SIGNÉE Marcel ROY ANNÉES 1935-1940



Marcel ROY a donné libre cours à ses pinceaux baladant dans les ruelles aiguézoises. Ici dans le Rue de l'auberge vers la montée d'escalier VASSEUR au fond. Au-dessus du porche barrant la rue se trouve maintenant un étage.



samedi 11 juin 2016

LE RECATAIRE NOUS DÉVOILE LA "BAUME DES BAUX"




1734   LA BAUME DES BAUX
 Une bergerie pas commune


 Baume d'Antoine Heraud du mas des Roches, située à Las Ondes sise aux Baux






On ne trouve citées sur le compoix de 1734 que deux grottes, ou baumes, situées sur le territoire de l'ancienne communauté d'Aiguèze. La première, bien connue de tous les préhistoriens pour abriter de célèbres gravures rupestres, ne nous intéressera pas ici. Nous allons plutôt, pour une fois, nous pencher sur la seconde cavité citée dans notre document du 18ème.
  
Tout d'abord il faut préciser que, s'il n'y a que deux abris naturels couchés sur ce document d'imposition, c'est qu'il s'agit de propriétés appartenant à des particuliers. Toutes les autres grottes, situées sur le territoire qui nous intéresse, appartenant à la communauté...
  
Cette seconde baume citée, sur laquelle nous allons nous pencher, était la propriété en 1734 d'Antoine Heraud. Celui-ci résidait aux "Granges des Roches". Ce lieu, qui est devenu aujourd'hui "Les Granges", est un petit hameau entre St Martin et Sauze.
  
Localisation et toponymie: Cette baume, qui est en réalité un abri sous roche, se trouve au lieu anciennement appelé "Las Ondes". Ce lieu est situé au quartier, également appelé à cette époque reculée, "Les Baux" (face au hameau de Sauze). Sur le cadastre de 1830 ces anciens toponymes disparaissent, on trouve à la place "La Jouanade et le Jet" et sur le cadastre actuel "La joannade et le Jel". Jel étant bien sûr une erreur grossière commise par un préposé au cadastre (On trouve aussi "Joanade et le Fet"). L'appellation "Jet", qui a donné notre "Giet", est en réalité un lieu, situé en bordure de falaise, duquel les bucherons jetaient leurs charretées de bois. Ce bois était ensuite récupéré par les bateliers du Borian ou de St Martin, puis transporté vers quelques villes en aval de la rivière...
  
Les propriétaires: Tout le travers avec les droits s'y rattachant, depuis le Borian jusqu'au "Serre de Ribeyrol", appartenaient avant le 15ème siècle à la famille De Sabran.

Le 4 mai 1430, par acte reçu par Me Guillaume Le Bègue, notaire à Pont-St-Esprit, Anthoine De Sabran vends ce terroir à la communauté d'Aiguèze pour la somme de 40 florins.

On trouve un acte de 1460 où la communauté stipule qu'il est fait interdiction aux habitants "de ne couper aucun bois pour leur chauffage au Deves appelé les Baux".

Aucun document ne permet de citer un propriétaire particulier pour la baume qui nous intéresse avant le 18ème siècle. Comme on a pu le voir, les plus anciens propriétaires privés sont de la famille Heraud du mas des Roches.

En 1830 c'est François Vendéol qui en sera l'heureux propriétaire, la parcelle de plus de 5000m² est cadastrée en A106 et désignée comme pâture. La Baume n'est pas spécifiée car n'augmentant pas le revenu.

Au début du 20ème siècle cette parcelle, comme toutes les autres attenantes, seront "confisquées" pour satisfaire un projet de barrage. La famille Ventajol qui possédait là une parcelle assez conséquente, ne put s'offrir avec la somme octroyée, qu'une concession au cimetière du village...

L'abri sous roche: On rencontre très souvent sur notre commune, le long des gorges, des cavités aménagées en bergerie. Mais il n'est pas courant, et même très rare, de trouver un abri naturel cité sur un ancien cadastre. C'est, à vrai dire, à cette rareté que cet article est dédié.

Cet abri est une longue avancée rocheuse qui, une fois aménagée, permit d'en faire une bergerie à moindre frais. Un long mur en pierres sèches fut édifié sur le pourtour pour créer une zone fermée interdisant la fuite du bétail. La surface utile ainsi obtenue était d'environ 30m². Il est utile de préciser que jusqu'au 19ème siècle le loup sévissait sur notre commune, et qu'une bergerie était de toute nécessité pour autoriser un juste repos au berger... Cette bergerie s'ouvrait sur une grande parcelle complantée en 1734 de vignes et d'oliviers, parcelle qui sera désignée comme pâture au 19ème. On trouve encore aujourd'hui sur ce terrain et ceux attenants quelques vestiges d'oliviers qui mériteraient d'être dégagés...



Voilà pour cet aperçu sommaire d'une parcelle pas commune, située sur notre territoire, mais qui, suite au partage des bois au 19ème, se trouve aujourd'hui englobée dans les biens privés de la commune de St Martin... Et c'est bien dommage...






Lou Récataïre

mercredi 8 juin 2016

UNE AUTRE AQUARELLE PROPOSEE PAR Claude MEUNIER

Elle est signée Marcel ROY et fait partie de la collection privée de Claude MEUNIER. Celle-ci représente l'actuelle maison de M.et Mme GONSETH Rue du Portail Haut intersection Combe des Oiseaux. On peut apercevoir une tour sur la maison GUILHAND DECK. 



au dos de ce tableau une inscription que je vous laisse déchiffrer :




JOURNEE DÉCOUVERTE DU PATRIMOINE CACHE A L'OCCASION DES JOURNÉES DU PATRIMOINE DE PAYS 18 JUIN 2016